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Directives

Ligne directrice par temps chaud

Cette ligne directrice fournit des conseils sur la manière de gérer le rugby lorsqu'il est joué dans des climats chauds ou par temps exceptionnellement chaud

Faire de l'exercice physique dans des environnements extrêmes est communément associé à des complications médicales. L'American College of Sports Medicine (ACSM) a élaboré des lignes directrices sur la pratique de l'exercice physique dans un environnement chaud. Ces lignes directrices ont été élaborées pour fournir des conseils lors des épreuves d'endurance, en particulier les courses à pied longue distance. L'ACSM a recommandé l'utilisation d'une mesure de l'indice de température au thermomètre-globe mouillé (Wet Bulb Globe Temperature - WBGT) sur le site et a recommandé d'envisager l'annulation des épreuves lorsque le WBGT était supérieur à 28.

Le rugby est un sport d'équipe pratiqué par des sportifs de différentes tailles où le jeu est de nature intermittente et limité à deux mi-temps de 40 minutes. La nature intermittente du sport permet probablement un meilleur accès à la consommation de liquides pendant la compétition, par rapport aux épreuves d'endurance.

Compte tenu des différences significatives entre les courses d'endurance à pied et le rugby, un examen des lignes directrices en cas de fortes chaleur dans d'autres sports, plus proches du rugby, a été entreprise. Cette étude a révélé que la Ligue nationale de rugby (NRL) en Australie avait élaboré des Lignes directrices sur la chaleur au cours de l'année 2000 suite aux recherches entreprises par le Dr John Brotherhood.

Le résultat de cette étude a révélé que « le recours au WBGT présentait des limites, car celui-ci ne prenait en compte que la température ambiante, la température du globe (chaleur rayonnante) et l'humidité et que 70 % de cet indice dépendait de l'humidité ». En outre, il a été constaté que « le WBGT n'était pas enregistré par les bureaux météorologiques et qu'un chiffre devait être estimé à partir de la température du thermomètre mouillé ».

Le Dr Brotherhood a accordé plus de poids à l'Indice de stress Belding Hatch (BHSI) qu'au WBGT. Le BHSI est calculé en divisant le besoin en évaporation du joueur par la capacité d'évaporation maximale de l'environnement x 100. Un chiffre de 100 représente un équilibre entre les pertes et les gains de chaleur.

En 2001, la NRL a adopté des lignes directrices basées sur l'indice de stress thermique mesuré à l'aide d'un hygromètre tournant Whirling pour évaluer les conditions environnementales. Depuis l'introduction de ces lignes directrices, aucun cas de maladie due à la chaleur n'a été signalé lors d'un match de compétition.

Les lignes directrices recommandées sont basées sur l'utilisation de l'Indice de stress thermique tel que mesuré par l'hygromètre tournant Whirling sur le lieu du match.

Informations sur le contexte

Les maladies liées à la chaleur peuvent aller de l'épuisement par la chaleur au coup de chaleur ou insolation, une maladie pouvant causer la mort.

Le coup de chaleur se développe lorsque le taux de production de chaleur par le corps dépasse le taux de déperdition de chaleur et que la température totale du corps s'élève à un niveau qui entraîne un dysfonctionnement et une défaillance des organes.

De nombreux facteurs influencent l'apparition des maladies liées à la chaleur et leur importance doit être reconnue lorsque l'exercice est effectué dans un environnement chaud. Il faut cependant reconnaître qu'il est très difficile d'identifier avec certitude qu'un individu va être victime d'un coup de chaleur.

Une température corporelle centrale supérieure à 38 degrés Celsius est présente lorsqu'un individu est victime d'une maladie liée à la chaleur. Les principaux facteurs reconnus comme influençant la température corporelle centrale d'un sportif sont énumérés ci-dessous.

Facteurs externes

  • température ambiante
  • chaleur rayonnante - lumière directe du soleil
  • humidité
  • vent
  • durée de l'exposition
  • habillement, par exemple les vêtements sombres, les couvre-chefs, les épaulettes
  • médicaments - les stimulants tels que la pseudoéphédrine et la caféine ont un effet négatif

Facteurs internes (joueurs)

  • joueur ayant des antécédents d'intolérance à la chaleur
  • structure corporelle - sportifs plus lourds
  • capacité aérobique
  • acclimatation
  • niveaux d'hydratation - avant et pendant l'exercice
  • maladie - maladie virale, par exemple des voies respiratoires supérieures ou gastro-entérite.

Informations importantes sur le stress thermique

La capacité de chaque joueur à faire face à la chaleur est variable et dépend de sa capacité, ce jour-là, à produire suffisamment de sueur, à l’évaporer et à remplacer adéquatement les pertes de fluides. Il a été signalé qu'en 80 minutes de football dans des conditions chaudes et humides, un joueur doit dissiper la chaleur produite dans le corps en évaporant entre 2 et 3,5 litres de sueur pour éviter une augmentation dangereuse de la température centrale. Un suivi rapproché des joueurs, s'ils s'exercent dans un environnement chaud, est recommandé. Cela devrait se faire sur la base d'une évaluation individuelle. Tout joueur présentant des signes ou des symptômes de stress thermique doit être retiré IMMÉDIATEMENT de l'entraînement ou du jeu.

La combinaison suivante de facteurs est souvent signalée dans les cas de coup de chaleur :

  • Manque d'acclimatation.
  • L'acclimatation est une exposition progressive à des charges thermiques et à des volumes de travail croissants et constitue un facteur important dans la réduction de l'incidence éventuelle d’un coup de chaleur.
  • Trouble de la régulation de la température individuelle ce jour-là, par ex. maladie virale, commencer l'activité déshydraté, utilisation de médicaments « indésirables », par ex. des stimulants.
  • Un effort supplémentaire ce jour-là, par exemple pour être sélectionné, impressionner l'entraîneur ou atteindre un objectif.

Les études n'ont pas permis d'identifier une température et/ou une humidité spécifique à partir de laquelle l'exercice n'est pas recommandé.

Stratégies recommandées pour réduire le stress thermique

Étapes critiques

Les étapes suivantes sont essentielles pour minimiser les maladies liées à la chaleur pendant les compétitions et les entraînements :

  • Éducation
  • Programmation appropriée de l'entraînement et du jeu
  • Acclimatation
  • Évaluation de conditions extrêmes
  • Mise en œuvre des interventions.
  • Gestion de crises.

Éducation

Il convient de conseiller aux joueurs de :

  • Signaler au personnel médical les épisodes précédents de maladie liée à la chaleur.
  • Signaler aux entraîneurs et au personnel médical toute infection virale active, surtout si elle est associée à de la fièvre - il faut le rappeler régulièrement aux joueurs.
  • Éviter d'utiliser des stimulants tels que la pseudoéphédrine ou la caféine avant l'entraînement.
  • Commencer toujours une séance d'entraînement bien hydraté.
  • Boire toujours des liquides pendant une séance d'entraînement et de jeu.
  • Signaler rapidement les signes de stress thermique - crampes, maux de tête, nausées, vomissements - il faut le rappeler régulièrement aux joueurs.

L'encadrement, la direction et le personnel médical devraient :

  • Être attentifs aux premiers signes de stress thermique : crampes, maux de tête, nausées, vomissements, diminution des performances, mauvaise coordination, comportement « anormal ».
  • Mettre en place des processus qui encouragent la déclaration des infections virales en cours.
  • Mettre en œuvre des stratégies qui encouragent tous les joueurs à commencer une séance de jeu et/ou d'entraînement en étant pleinement hydratés, par ex. en effectuant une pesée avant et après l'exercice, en évaluant la gravité spécifique de l'urine avant l'exercice.
  • Reconnaître et accepter la gravité potentielle d'une maladie sévère liée à la chaleur, c'est-à-dire d'un coup de chaleur.

Programmation de l'entraînement et du jeu

Si possible, l'entraînement et le jeu doivent être programmés lorsque la température ambiante, la chaleur rayonnante (lumière directe du soleil) et l'humidité sont censées être à des niveaux acceptables. En utilisant l'indice de stress thermique, un guide des niveaux acceptables serait :

  • Température ≤ 30 degrés Celsius
  • Humidité ≤ 60%

Rien n'indique que s'entraîner ou jouer à des niveaux de température et d'humidité plus élevés entraînera une maladie liée à la chaleur.

Les données historiques doivent être obtenues auprès du bureau météorologique local afin d'identifier les moments de la journée et du mois où ces conditions sont les plus susceptibles de prévaloir. Ces informations peuvent ensuite aider à planifier l'entraînement afin de minimiser les risques.

Acclimatation

Permettre aux sportifs de s'acclimater devrait également être un élément de la gestion des éventuelles maladies liées à la chaleur. L'activité dans des conditions chaudes et humides doit être introduite progressivement afin de permettre aux sportifs de s'acclimater à ces conditions difficiles.

L'acclimatation se produirait après 7 à 10 jours d'exposition à l'environnement approprié.

Évaluation de conditions extrêmes

Dans des conditions météorologiques extrêmes, une évaluation objective de l'environnement peut être nécessaire afin de mieux déterminer la sécurité des conditions qui prévalent.

Les études et l'expérience ont confirmé que « l'indice de stress thermique » mesuré à l'aide d'un « hygromètre tournant Whirling » est à la fois pratique et fiable et il est recommandé que chaque terrain de rugby ait accès à un hygromètre tournant Whirling pour mesurer les conditions météorologiques. Cet indice (voir tableau ci-joint) prend en compte les températures de l'air à divers niveaux d'humidité relative. Des études antérieures ont confirmé que si le % d'indice de stress thermique est inférieur à 150, le risque pour les joueurs devrait être minimal. L'expérience suggère que les joueurs sont capables de faire face à un indice allant jusqu'à 250, mais il est recommandé que toutes les interventions de prévention des maladies liées à la chaleur énumérées ci-dessous soient appliquées lorsque l'indice dépasse 150.

D'un point de vue pratique, il faut faire tourner l'hygromètre pendant 20 secondes pour obtenir des relevés. Trois mesures doivent être prises et la moyenne doit être calculée.

Interventions de prévention des maladies liées à la chaleur

Si l'Indice de stress thermique a été utilisé avec succès dans le rugby à XIII australien, World Rugby reconnaît que les joueurs de rugby sont potentiellement plus exposés aux maladies liées à la chaleur que les joueurs de rugby à XIII. Les raisons justifiant ce point de vue sont énumérées ci-dessous et ont été prises en compte lors de la formulation des Interventions de prévention de World Rugby :

  • Les joueurs de rugby à XV sont généralement des sportifs de plus grand gabarit
  • Les joueurs à XIII peuvent utiliser des échanges pendant leurs matchs
  • La capacité aérobique des joueurs à XIII est meilleure
  • Moins de contacts très rapprochés à XIII
  • Les joueurs de rugby de l'hémisphère nord sont moins acclimatés

Les interventions suivantes doivent être mises en œuvre lorsque l'indice de stress thermique est supérieur à 150 :

Interventions je jour du match

  • Mise à disposition de ventilateurs dans les vestiaires si la climatisation n'est pas disponible.
  • Fournir de l'ombre sur la ligne de touche si le match se déroule pendant la journée lorsque la chaleur rayonnante (lumière directe du soleil) est un facteur contributif.
  • Positionnement stratégique des serviettes immergées dans l'eau glacée autour du terrain - derrière les poteaux de but et à la jonction de chaque ligne de quart et ligne latérale.
  • Pause de 2 minutes au bout de 20 minutes de chaque mi-temps. L'objectif de cette pause devrait être triple, une évaluation médicale de chaque joueur pour détecter des signes de stress thermique, le rafraîchissement des joueurs et la réhydratation. Il est suggéré que la meilleure façon de procéder au rafraîchissement est d'enlever immédiatement le maillot et les épaulettes, en appliquant de l'eau glacée sur la tête ± le corps. L'idéal serait également d'utiliser des ventilateurs latéraux et de l'ombre (si le match a lieu pendant la journée). Il convient de noter qu'une pause de 2 minutes a été recommandée (par opposition à une pause d'une minute) parce que pendant cette pause, l'accent est mis sur l'évaluation médicale et le rafraîchissement.

Il convient de noter qu'un accès accru des porteurs d'eau au terrain n'a pas été recommandé car on estime qu'il y a suffisamment de pauses au cours d'un match pour permettre l'accès des porteurs d'eau et la réhydratation des joueurs.

Lignes directrices pour l'entraînement

Les recommandations concernant l'éducation, la programmation et l'acclimatation devraient également s'appliquer aux séances d'entraînement.

Les séances d'entraînement sont plus faciles à adapter et ce qui suit est recommandé pendant les périodes de stress thermique élevé (indice > 150) :

  1. Planifier l'entraînement au moment le plus approprié de la journée - consultez les statistiques du Bureau de météorologie.
  2. Planifier l'entraînement afin de permettre aux joueurs de s'acclimater - augmenter progressivement les temps d'exposition ainsi que le volume et l'intensité de l'entraînement.
  3. Identifier les joueurs qui peuvent avoir une infection virale ou qui présentent une hypovolémie.
  4. Être attentif aux premiers signes de stress thermique
  5. Programmer des pauses pour prendre des fluides toutes les 10 à 15 minutes.
  6. Chaque séance de 40 minutes doit être suivie d'une période de repos de 15 minutes pendant laquelle les joueurs sont reposés, RAFRAÎCHIS, réhydratés et protégés de la chaleur rayonnante (lumière directe du soleil).

En outre, les éléments suivants sont également recommandés :

  1. la tenue d'entraînement doit être légère, ample et permettre l'évaporation de la sueur
  2. des quantités suffisantes de GLACE devraient toujours être disponibles
  3. les boissons doivent être servies à une température reconnue comme aidant une absorption rapide - moins de 15 degrés Celsius (fluides glacés)
  4. l'ombre doit être utilisée pendant toute interruption de l'entraînement

Gestion de crise

Chaque lieu d'entraînement et de jeu doit disposer d'un plan de gestion de crises. Ce plan devrait indiquer que reconnaître rapidement et refroidir complètement et immédiatement le corps permettra de résoudre ou d'atténuer les problèmes d'hyperthermie.

Indice de stress thermique par rapport à la température de l'air à diverses humidités relatives (HR%)

 

 

 

 

 

Conclusion

Ces lignes directrices sur la chaleur visent à minimiser le risque d'apparition de maladies liées à la chaleur et fournissent un cadre permettant à chaque équipe et à chaque site de fonctionner en toute sécurité pendant les périodes climatiques extrêmes.