Si le tournoi de repêchage de ce week-end s’annonce différent que celui d'il y a cinq ans du fait de la pandémie de Covid-19, les fans rassemblés au stade Louis II à Monaco et ceux qui suivront l’action sur les différentes plateformes numériques de World Rugby vont se régaler.

Contrairement à 2016, les tournois hommes et femmes se joueront le même week-end au même endroit, avec 12 équipes féminines et 10 masculines en lice pour faire comme l’Espagne il y a cinq ans et atteindre la qualification olympique via le repêchage. Cette année, il y a deux places disponibles pour les JO pour les filles et une seule pour les garçons.

En 2016, les Espagnols avaient été obligés d’attendre la toute dernière seconde de leur finale pour se qualifier aux dépens des Samoa, avant que Las Leonas ne les rejoignent une semaine plus tard après avoir battu la Russie lors de la finale du tournoi féminin à Dublin.

On se souvient des larmes du capitaine de l’Espagne, Pablo Feijoo, devenu depuis l’entraîneur de l’équipe nationale. Ces images font partie de l’histoire du rugby. Le commentateur Rupert Cox était celui qui avait recueilli son témoignage au coup de sifflet final. Et il est de retour à Monaco avec deux autres commentateurs.

Un dimanche haletant

« Il n'y aura pas de finale dans le tournoi féminin ; il y a deux places disponibles, ce qui équivaut à deux demi-finales dans un tournoi normal », explique Rupert Cox.

« En fait, les trois derniers matchs du dimanche seront les deux finales de qualification féminines et la finale pour la qualification masculine. Pour toutes ces rencontres, le vainqueur se qualifiera pour les Jeux olympiques de Tokyo. Ce devrait être une fin de journée incroyable, voire une meilleure qu’en 2016 je pense. »

Chez les hommes, la France et l'Irlande sont les favoris. Chez les femmes, ce sont les Françaises et les Russes. Mais selon Rupert Cox, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ainsi est régie la dure loi du Sevens. Et qui plus est lorsqu’il y a derrière un enjeu olympique, tout peut arriver.

« Rappelez-vous en 2016. Le Canada était l'un des favoris avant le coup d’envoi, mais il a été battu en poule par l'Allemagne, puis a perdu en quart de finale contre la Russie », rappelle Rupert.

« Les Samoa (les têtes de série) ont perdu contre l'Irlande en poule et ont été presque battus par l'Allemagne en demi-finale ; ça aurait pu facilement être une finale Espagne-Allemagne.

« Les Samoa se sont finalement qualifiés pour la finale et ils auraient dû la gagner. C'était assez extraordinaire de voir comment l'Espagne est remontée. » Ignacio Martin fut le héros de l'Espagne en marquant un dernier essai pour assurer une victoire historique 22-19.

L’Espagne n’a pas pu se qualifier pour cette année

A l'UCD Bowl à Dublin, le rugby espagnol était une fois de plus à la fête avec la victoire de Las Leonas Sevens 19-12 sur la Russie pour remporter le dernier billet pour Rio. L'Espagne s’était qualifiée pour la finale sans concéder un seul point, tandis que l’en-but de la Russie n'avait été franchi que deux fois – les deux fois par l'Irlande en demi-finale.

Une paire d'essais de Patricia Garcia a permis à l'Espagne de prendre une avance de 14-7 à la pause avant que Barbara Pla ne creuse encore un peu plus l’écart avec le troisième essai de son équipe. Le deuxième essai du match de Daria Bobkova a réduit l’écart et a conduit à une fin de match serrée. C’est grâce à sa bonne défense que l’Espagne a pu tenir les Russes à distance.

L'Espagne n’a pas pu se qualifier pour le repêchage cette fois-ci, que ce soit dans le tournoi masculin ou le tournoi féminin, ayant échoué lors des qualifications régionales européennes.

Le tournoi féminin rassemble l'Argentine, la Colombie, la France, Hongkong, la Jamaïque, le Kazakhstan, Madagascar, le Mexique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Russie, les Samoa et la Tunisie. Le tournoi masculin impliquera le Chili, la France, Hongkong, l'Irlande, la Jamaïque, le Mexique, les Samoa, les Tonga, l'Ouganda et le Zimbabwe.

« Je pense qu'il sera vraiment difficile pour les équipes non européennes de faire quelque chose d'extraordinaire à cause des obstacles qu'elles ont dû franchir pour arriver ici », anticipe Rupert Cox.

« Mais je maintiens que c'est extraordinaire que World Rugby ait pu maintenir ce tournoi et avoir toutes ces équipes ici. A) personne n’a le Covid, on touche du bois et B) des équipes de tous les continents sont présentes, ce qui est incroyable. »

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