La pandémie de Covid-19 et tout le confinement qui a suivi n'auraient pas pu tomber au plus mauvais moment pour l'équipe masculine de rugby à 7 du Canada. Après avoir acquis leur qualification olympique pour la première fois en juillet 2019, l'équipe avait montré des progrès encourageants sur le HSBC World Rugby Sevens Series.

Lors de leur tournoi à domicile au début de mars 2020, le Canada avait d'ailleurs réussi à battre l'Afrique du Sud pour la première fois en sept ans et avait terminé à la troisième place, soit son classement le plus haut depuis mai 2017.

Mais en quelques semaines, le pays a fermé ses frontières et Tokyo 2020 a été officiellement reporté, ce qui a obligé l'équipe du Canada à décaler ses grands débuts sur la scène olympique.

« C'était vraiment difficile pour tout le monde », confie le capitaine Nathan Hirayama à World Rugby. « J'avais l'impression qu'en tant qu'équipe, nous faisions vraiment des progrès et qu'on allait dans la bonne direction. Nous étions sur une bonne trajectoire. Mais c'est la même chose pour tout le monde et maintenant il ne nous reste plus qu'à tout recommencer. »

« Ça a été un défi, comme vous pouvez l'imaginer », abonde l'entraîneur Henry Paul lorsqu'il évoque les douze derniers mois. « Mais je pense que le meilleur conseil que j'ai jamais donné – que ce soit en tant que joueur ou entraîneur – et c'est le message que nous essayons de passer autour de nous, c'est que vous ne pouvez contrôler que ce que vous pouvez contrôler. »

Un groupe impatient

Pendant le confinement du pays, Rugby Canada a été en mesure de fournir à ses joueurs et à ses joueuses les équipements nécessaires pour s’entraîner à domicile.

Les restrictions ont commencé à être levées en juin dernier, permettant à l'équipe de reprendre progressivement l'entraînement dans un environnement contrôlé. Les joueurs sont maintenant de retour à l'entraînement à temps plein depuis janvier et préparent activement le tournoi de rugby à 7 de Tokyo 2020.

« Nos médecins ici et notre staff ont fait un excellent travail en réduisant au minimum même les cas de suspicion », explique Henry Paul. « Au moindre souci, chaque programme était suspendu, nous faisions tester la personne en question et tout s'est très bien passé jusqu'à présent. On touche du bois, mais pour l'instant nous n'avons pas eu un cas positif dans notre groupe. »

Le mois prochain, l'équipe retrouvera le terrain pour la première fois depuis qu'elle a battu l'Afrique du Sud sur le HSBC Canada Sevens. Elle disputera en effet une série de matchs contre des équipes universitaires locales et une équipe Pacific Pride entraînée par la légende du rugby canadien, Phil Mack.

« Ce groupe est vraiment impatient de sortir et de rejouer », confirme Nathan Hirayama. « D'habitude, cette période de l'année est vraiment excitante sur le circuit mondial parce qu'on est en plein cœur de la saison.

« Mais aujourd'hui, c'est complètement différent. Nous essayons de rendre nos entraînements aussi compétitifs que possible afin qu'ils soient aussi semblables aux matchs que possible, pour que nous retrouvions les mêmes sensations. Mais rien n'est comparable avec le World Series ou d'autres gros tournois comme ça. »

Cultiver l'espoir

Nathan Hirayama est l'un des joueurs seniors d'une équipe expérimentée dont la plupart des membres ont dû avaler leur déception de ne pas avoir pu se qualifier pour les JO de Rio 2016. Henry Paul reconnaît néanmoins que l'expérience au sein de l'équipe lui a facilité la tâche lorsqu'il est arrivé en tant qu'entraîneur en 2019.

Quand on leur pose la question, chacun admet que l’équipe met parfois du temps à se lancer et que ses chances de médaille sont minces vu que les Canadiens n'ont pas fini une saison du World Series au-delà de la 8e place depuis 2014. Mais ce n'est pas non plus une raison pour ne pas cultiver l'espoir.

« J'ai toujours été quelqu'un d'optimiste ; on peut y arriver », assure Henry Paul. « Je peux compter sur une très bonne équipe expérimentée. Ils connaissent très bien la plupart des équipes sur le World Series. Je ne pense pas qu'il y ait une équipe dans le monde qui ne voudrait pas avoir un ou deux de nos joueurs dans son groupe parce qu'ils ont montré à maintes reprises qu'ils faisaient partie des meilleurs au monde.

« Nous cherchons à avoir de la consistance dans nos résultats. En plus, une certaine concurrence s'est développée au sein du groupe et aujourd'hui il y a quelques jeunes qui commencent à mettre en garde certains anciens, ce qui est positif. On a besoin de compétition et on a besoin que nos joueurs voient plus loin. »

« Le but de toutes les équipes en compétition est de remporter une médaille, et je pense que nous sentons tous qu'on peut y parvenir vu nos performances et tout ce qui s'est passé avant », ajoute Nathan Hirayama.

« Sur des tournois ponctuels, on ne sait jamais ce qui peut se passer. C'est là-dessus qu'on se focalise, c'est de ça dont nous parlons et c'est pour ça qu'on met toutes les chances de notre côté pour y arriver. »

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