Il ne fait aucun doute que Rhona Lloyd, l'ailière des Lionnes du Stade Bordelais, sera l'une des joueuses clés de son pays lors du tournoi qui débutera le samedi 8 octobre.
L'ancienne star des Murrayfield Wanderers, de l'Université d'Édimbourg et du Loughborough Lightning est dans la forme de sa vie depuis environ un an et possède désormais un impressionnant record de 19 essais en 39 sélections internationales.
Elle fait partie de l'équipe nationale de rugby à XV depuis l'âge de 19 ans et a également joué pour l'équipe de rugby à sept aux Jeux du Commonwealth en début d'année à Birmingham.
DE GRANDES AMBITIONS
La joueuse originaire d'Édimbourg est déterminée à ce que la première participation de l'Écosse à une Coupe du Monde de Rugby en 12 ans contribue à faire progresser le rugby dans son pays et à inspirer la prochaine génération.
« Le changement dans le rugby féminin au cours des dernières années a été énorme », explique-t-elle, alors que l'Écosse s'apprête à affronter le Pays de Galles dans sa première rencontre de la poule A, dimanche 9 octobre à Whangārei.
« Quand je pense à mes premières sélections à Broadwood, je pourrais probablement vous nommer toutes les personnes présentes dans le public et ce n'est certainement pas le cas maintenant, ce qui est très bien.
« Faire venir plus de filles dans le rugby, les maintenir en forme et s'amuser est un point important qui nous motive toutes dans l'équipe. Penser que les gens au pays se lèveront tôt pour nous regarder à la télévision dans les semaines à venir nous procure un sentiment incroyable.
« Nous voulons inspirer les jeunes filles et les jeunes garçons de chez nous.
« Et c'est marrant maintenant parce que certaines des plus jeunes joueuses de l'équipe actuelle nous ont rencontrées [les joueuses écossaises les plus anciennes] quand elles étaient très jeunes.
« Il y a une photo de moi en train de donner un maillot à Meryl Smith lorsque je suis revenue dans mon ancien club, les Murrayfield Wanderers, après avoir joué un match pour l'Écosse, et maintenant nous sommes coéquipières ! Donc, nous voyons déjà la prochaine génération arriver. »
D'HIER À AUJOURD'HUI
Le développement du rugby féminin n'était pas aussi clair il y a une dizaine d'années, lorsque Lloyd a commencé à pratiquer ce sport, avec quelques obstacles en plus.
« J'ai eu la chance, lorsque j'étais à la Tynecastle High School d'Edimbourg, d'avoir Bruce Aitchison comme professeur d'éducation physique et il s'est beaucoup occupé de moi, raconte-t-elle.
« J'avais très envie, j'étais très sportive et il m'a aidée à canaliser ça dans la bonne direction et j'ai continué à jouer pour Murrayfield Wanderers.
« Quand j'étais à l'école, je ne disais pas vraiment aux autres que je jouais au rugby. Et quand j'avais 16 ans, on m'en faisait baver parce que je jouais. C'était surtout de la part des garçons de l'école parce que le rugby n'était pas considéré comme cool pour les filles.
« Je m'entraînais déjà avec l'équipe d'Écosse des moins de 20 ans et je me souviens que mon entraîneur de l'époque, Eric Jones, m'a appelée pour me dire "n'abandonne pas et continue".
« Il fut un temps où j'allais arrêter de jouer, mais je suis si heureuse de ne pas l'avoir fait.
« Maintenant, je suis vraiment passionnée par le fait d'aller dans les écoles et de parler aux jeunes filles, et ça vient de la façon dont j'ai commencé à m'impliquer. »
Lloyd a dû faire face à sa part de difficultés dans sa carrière jusqu'à présent - un certain nombre de blessures à l'épaule et l'impossibilité d'aller aux Jeux olympiques de Tokyo l'année dernière pour jouer au rugby à sept, entre autres - mais elle a toujours été quelqu'un de positif.
Et sa confiance en ses propres capacités semble avoir grandi depuis qu'elle a déménagé en France pour jouer au rugby pour Les Lionnes du Stade Bordelais avant la saison 2021/22.
« J'ai terminé mon master à Loughborough et j'ai parlé à d'autres équipes dans le sud. Mais j'ai aussi contacté des équipes en France et j'ai reçu une bonne offre de Bordeaux », explique-t-elle lorsqu'on lui demande comment s'est produit ce déménagement hors de sa "zone de confort".
« Ça m'a permis d'être proche du plein temps l'année dernière, ce qui est plutôt cool. C'était bien, c'était incroyable. Avoir un peu de jeu là-bas a été un tel privilège. L'été dernier, c'était dur, après m'être entraînée avec l'équipe de Grande-Bretagne et ne pas avoir participé aux Jeux olympiques. Partir dans un nouveau pays pour rejoindre une nouvelle équipe dont je ne parlais pas la langue, c'était assez perturbant, mais je pense que c'était ce dont j'avais besoin à ce moment-là.
« La France a été l'endroit parfait pour moi pour jouer mon rugby avant cette Coupe du Monde. »