Kelly Brazier revient avec tendresse sur le jour où elle a fait ses débuts avec les Black Ferns. Alignée à l'arrière, à peine deux semaines après son 20e anniversaire, elle a aidé la Nouvelle-Zélande à battre l'Angleterre 16-3 alors que des rafales de vent soufflaient sur le Esher RFC.

Plus de 11 ans plus tard, et malgré ses victoires en Coupe du Monde de Rugby à XV et à 7, ainsi qu'aux Jeux du Commonwealth, cette première expérience en test reste son moment le plus fort sur le terrain.

« La première fois que j'ai pu porter le maillot noir a été un moment extrêmement fort, ce pourquoi j'avais travaillé toute ma vie », confie Kelly Brazier à World Rugby. « Quand je l'ai enfilé, je savais que c'était là que je voulais être. »

Kelly est maintenant l'une des cadres les plus âgées de l'équipe des Black Ferns, mais alors qu'elle se prépare pour un calendrier chargé de deux ans, elle est boostée par l'afflux de jeunes talents dans l'équipe.

Manaia Nuku a été la dernière joueuse néophyte à être appelée dans l'équipe des Black Ferns Sevens le mois dernier et on s'attend à ce qu'elle ait un impact aussi puissant que ce qu'ont déjà apporté les Jazmin Hotham, Dhys Faleafaga, Mahina Paul et Risaleaana Pouri-Lane - dont aucune n'a encore eu 21 ans.

« C'est une extraterrestre ; elle est tellement mature pour son âge », s'extasie Kelly en évoquant Manaia Nuku, tout juste 18 ans. « C'est effrayant, mais excitant à la fois de penser au talent que nous avons en Nouvelle-Zélande aujourd'hui.

« Les filles commencent à jouer quand elles sont très jeunes et Manaia est probablement la première de ce cycle à passer. Et déjà, ses compétences, sa connaissance du jeu sont [sans égal]. Nous la laissons simplement s'épanouir dans l'environnement pour le moment et la laissons être elle-même. Et, oui, j'ai hâte de voir ce qui vient de Manaia.

« En ce qui me concerne, ça fait depuis huit ou neuf ans maintenant que je suis dans l'environnement des Black Ferns Sevens, et c'est devenu un peu ma routine quotidienne.

« Mais, quand vous voyez une jeune joueuse comme celle-là entrer et juste faire le buzz, qu'elle a le sourire sur son visage, ce genre de choses, cela vous ramène au moment où on m'a appelée pour la première fois et la raison pour laquelle on joue. »

DEVENIR MÈRE

Kelly Brazier joue au rugby, dit-elle, « parce que j'adore ça », et est impatiente d'explorer la possibilité de concourir à la fois à Tokyo 2020 et à la RWC 2021 la même année. 2022 ne devrait pas être moins mouvementée avec les Jeux du Commonwealth et la Coupe du Monde de Rugby à 7 à l'horizon.

L'année écoulée a bien sûr été beaucoup plus calme, la pandémie de Covid-19 en cours ayant entraîné le report des Jeux Olympiques et l'annulation des tournois sur le HSBC World Rugby Sevens Series.

Mais le fait d’être confinée en Nouvelle-Zélande a toutefois apporté des avantages considérables à Kelly Brazier, après la naissance de Oakley en février dernier, le premier enfant de Tahlia, son épouse.

« C'était difficile de ne pas avoir plus d'accompagnement, d'être juste moi et ma femme », reconnaît-elle. « Elle est assez proche de sa famille qui vit ici. Donc, n'être que nous trois, pendant des semaines, c'était assez compliqué parfois avec la petite.

« Mais, je suppose qu'avec le recul on se rend compte que ça n'a été pas si mal que ça finalement, vu le temps que j'ai pu passer à la maison. Maintenant, je suis obligée de passer quelque chose comme trois nuits en dehors de la maison, mais si le Covid n'était pas arrivé, j'aurais été absente pendant plusieurs mois et ça n'aurait pas été simple pour ma partenaire à la maison ! Donc, avec le recul maintenant, je suis vraiment ravie d'avoir pu rester ici et d'avoir pu accompagner, aider et vivre pleinement sa première année. »

De même, Tahlia et Oakley étaient sur place pour aider à motiver Kelly lors des séances d'entraînement tôt le matin au cours des premiers mois de confinement.

Le chemin VERS L'OR

Aujourd'hui, Kelly Brazier est de retour avec l'équipe des Black Ferns Sevens après une pause de Noël passée avec la famille et les amis, y compris avec sa coéquipière de longue date, Sarah Hirini.

Le manque d'action du World Series au cours de la dernière année signifie qu'il est difficile d'évaluer où les équipes en sont avant les Jeux olympiques. Mais Kelly Brazier est convaincue que le vivier de talents en Nouvelle-Zélande sera vital dans l'objectif de décrocher l'or.

« On a de la chance ici en Nouvelle-Zélande », assure-t-elle. « Même au sein de notre équipe, la concurrence est très forte. C'est assez compétitif et je pense que nous jouons des matches les unes contre les autres qui sont tout aussi difficiles que si nous jouions sur le circuit mondial. »

Si les Black Ferns avaient besoin de trouver une motivation supplémentaire sur la route de Tokyo, cela devrait venir du souvenir d'avoir perdu le match pour la médaille d'or contre l'Australie il y a cinq ans.

Brazier se rappelle que l'expérience globale à Rio, notamment voir les autres athlètes kiwis manquer complètement les médailles, a aidé les joueuses à réaliser que l'argent était « quelque chose dont il fallait être fier ». Même s'il y a un sentiment de travail inachevé.

« C'est certainement la seule chose qui a échappé à quelques-unes d'entre nous qui sommes ici depuis quelques années, mais je pense que la chose la plus importante est probablement que nous savions que nous n'étions pas à notre meilleur pour aller à Rio », admet Kelly Brazier.

« Nous savions que nous n'avions pas joué notre meilleur rugby, et c'est quelque chose que nous pouvons rectifier. Il y a des mesures que nous prenons maintenant, si nous pouvons aller sur ce terrain et repartir en sachant que nous avons joué notre meilleur rugby, alors je ne doute pas que nous sommes plus que capables d'obtenir la médaille d'or. »

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