Joy Neville n'aura l'impression d'avoir réalisé tout ce qu'elle veut entreprendre dans le rugby au moment où elle raccrochera définitivement les crampons. Mais il lui reste encore pas mal de choses à faire d'ici là !

Samedi 21 novembre par exemple, elle deviendra la première femme arbitre vidéo (TMO) dans une grande compétition internationale masculine lorsque le Pays de Galles affrontera la Géorgie en Coupe d'Automne des Nations.

En tant que joueuse, Joy Neville a gagné 70 sélections pour l'Irlande, a été son capitaine et a disputé deux Coupes du Monde de Rugby. En tant qu'officiel de match, elle a été la première femme à officier sur un match professionnel européen, la deuxième à arbitrer un test masculin dans la région et a depuis pris l'habitude d'arbitrer en Challenge européen et en Pro 14.

Joy a également officié sur le HSBC World Rugby Sevens Series et a fermement tenu le sifflet de la finale de la Coupe du Monde de Rugby 2017 en Irlande entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande. Cette même année, elle a d'ailleurs été sacrée Arbitre World Rugby de l'Année.

« Pour être honnête, c'est sans doute quand j'arrêterais que je me rendrais compte de tout ce que j'ai fait », confie-t-elle quand on lui rappelle toutes ses premières fois. « Pour l'instant, je fais juste mon job et j'essaie de bien le faire. Ma priorité du moment est d'avoir le plus de pratique possible. »

Faire évoluer les mentalités

C'est en 2013 que Joy Neville a décidé d'arrêter là sa carrière de joueuse dans le but, au départ, de passer plus de temps avec sa femme et sa famille. Mais l'ancien entraîneur international David McHugh a réussi à la convaincre de tenter l'arbitrage.

Au début, Joy a dû affronter les remarques sexistes. Elle se souvient d'un match en particulier où parmi les premières-lignes, un joueur n'arrêtait pas de ricaner. Mais avec ses collègues Alhambra Nievas et Sara Cox, elle a aidé à faire évoluer les mentalités.

« Je pense que la morale de cette histoire est que l'on apprend de ses propres expériences et c'est à ce moment-là que je me suis dit : plus jamais je ne laisserais passer ça », soutenait-elle à World Rugby en 2018.

« Heureusement, lentement mais sûrement l'état d'esprit des gens est en train de changer et une telle situation ne m'est plus arrivée depuis un moment. Je crois aussi que c'est parce que je ne suis plus seule, il y a Sara, Hollie (Davidson, ndlr) et Alhambra maintenant. Je pense que, toutes, nous sommes en train de montrer qu'une femme peut aussi bien arbitrer qu'un homme. Ce n'est pas une question de genre, c'est une question de compétence. »

Troisième arbitre assistante

Si Joy Neville a été retenue sur la Coupe d'Automne des Nations, c'est principalement pour ses qualités, après avoir montré ce qu'elle savait faire sur des matches de club.

Certes elle suivra le match Pays de Galles v Géorgie sur écran et non sur le bord du terrain. Mais elle sait que le rôle de l'arbitre vidéo est primordial et peut être considéré comme un troisième arbitre assistant.

« Le rôle de l'arbitre vidéo est tellement important », assure-t-elle. « Et dans un sens, c'est un troisième arbitre assistant. Nous nous en tenons à la même philosophie – coller à ce qui est clair et évident - et d’avoir un TMO à qui on peut se référer est primordial quand vous êtes confronté à des situations vraiment difficiles à repérer, même avec trois officiels sur le terrain.

« C'est extrêmement important et c'est même primordial pour le match. Quand l'arbitre vidéo est utilisé à bon escient, je crois que ça apporter aussi une dimension ludique pour les fans et les spectateurs. »

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