Le rugby de Côte d'Ivoire connaît depuis quelques mois comme une renaissance. La fédération née en 1961 n'en finit plus de faire parler d'elle. En plein épisode de confinement, c'est son capitaine Bakary Meite qui faisait la Une pour son investissement sans faille et salué par tous auprès d'un hôpital parisien.

Dernière actualité en date, la signature d'un des piliers des Éléphants (l'équipe nationale), Christian Sahin, au Mans, club de Fédérale 3 en France. « Après une saison mitigée en Fédérale 1 à Castanet, Christian arrive au RCM - Rugby Club du Mans plein d'ambitions et décidé à faire remonter le club », explique la fédération ivoirienne de rugby.

Formé à Bingerville et passé par le club de rugby de Yopougon, Christian Sahin, comme d'autres joueurs qui évoluent dans plusieurs clubs de France actuellement, est un exemple de ce qui se fait de mieux en matière de rugby dans ce pays d'Afrique de l'Ouest aux plus de 26 millions d'habitants. On pourrait citer d'autres joueurs illustres tels que Thierry Dusautoir, légende du XV de France dont la carrière n'est plus à présenter, ou encore l'ailier Silvere Tian (11 sélections avec la Côte d'Ivoire) ou bien le talonneur Edouard Angoran qui était de l'aventure ivoirienne à la Coupe du Monde de Rugby de 1995 en Afrique du Sud.

Un passé glorieux, une expérience inoubliable... mais déjà vieille d'un quart de siècle. 25 ans que la Côte d'Ivoire n'a plus joué en Coupe du Monde. Et c'est précisément à ce qui peut paraître comme une éternité que la fédération veut mettre fin.

Pourvoyeur de talents

Lorsqu'Elvis Tano a repris les rênes de la fédération, il a voulu s'entourer d'une équipe qui allait remettre la marche avant et lancer de grands projets dont le plus emblématique est sa future académie de rugby. « Les travaux vont commencer », confirme à World Rugby Olivier Diomandé, manager général des sélections nationales. « Ce sera notre Marcoussis à nous. »

Ce centre national du rugby version Côte d'Ivoire sera composé de deux terrains en herbe, d'une salle de préparation physique, de bureaux, de salles de cours, d'une structure d'hébergement... Le projet a été développé grâce à l'implication de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire.

Ouvert aux jeunes dès l’âge de 13 ans, il permettra aux pensionnaires les plus doués – une vingtaine de garçons et filles pour commencer - de finir leur formation dans un club professionnel en Europe puis d'alimenter la sélection nationale de Côte d’Ivoire.

« Si on veut qu'un joueur soit performant, cela passe par la formation », assure Olivier Diomandé qui espère un début de fonctionnement au premier semestre 2021.

L'académie portera le nom porteur et connu de l'ailier Max Brito, ce joueur qui était de l'aventure à la Coupe du Monde de Rugby 1995 et qui est resté depuis paralysé suite à une action à la troisième minute du match contre le Tonga. « Max sera le directeur. On n'a pas voulu faire ça uniquement dans l'esprit de lui rendre hommage, mais parce que c'est quelqu'un qui a une excellente vision du rugby, un œil extérieur, un œil neuf », précise Olivier Diomandé qui espère que cette académie soit très vite « pourvoyeuse de talents ».

L'objectif reste de participer d'une manière ou d'une autre à la Coupe du Monde de Rugby 2023 en France et aux Jeux Olympiques 2024 à Paris. Bref, replacer le rugby ivoirien sur la carte des nations performantes. La fédération compte sur le succès d'une campagne de financement participatif afin de récolter des fonds pour réaliser cet ambitieux projet.

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