Ils avaient prévu de mettre fin à leur carrière à 7 par un feu d'artifice : au terme du tournoi olympique à Tokyo qui devait initialement avoir lieu du 27 juillet au 1er août 2020. Avec ou sans médaille, mais quelle superbe occasion pour mettre un terme à une aventure extraordinaire ! Ils avaient tout prévu, sauf la pandémie de Covid-19 qui a mis le monde du sport mondial à l'arrêt et a imposé un report d'une année des Jeux olympiques.

Une année de plus. Une année de trop pour ces deux légendes du Sevens. Le Français Manoël Dall'Igna et le Sud-Africain Cecil Afrika ont choisi de se retirer.

Ils sont tous les deux considérés comme des pionniers et des vétérans. Manoël Dall'Igna compte 13 saisons dans les jambes et Cecil Afrika 12. 322 matches sur le HSBC World Rugby Sevens Series pour Dall'Igna et 345 en 65 tournois pour Cecil Afrika. Ils ont commencé au même endroit sur le circuit, à Dubaï ; Mano en 2008 et Cecil l'année d'après.

Dall'Igna, le joueur français le plus capé

A 35 ans, Manoël a arrêté un peu plus tôt, à Dubaï début décembre 2019 après son 70e tournoi ; il aura marqué en tout 64 essais dans le monde entier. C'est à Hamilton en 2019 qu'il gagne le statut de joueur le plus capé de l'équipe de France à 7, dépassant les 64 sélections de Jean-Baptiste Mazoué. Il faudra attendre Dubaï 2019 pour voir le deuxième joueur français, Jonathan Laugel, arriver au même point.

Le talonneur et ancien capitaine de France 7 a participé à trois Coupes du Monde de Rugby à 7 en 2009, 2013 et 2018 ainsi qu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. « L’apothéose, ça a été la qualification pour les Jeux Olympiques », dit-il sur le site de France Rugby. « Ça a toujours été un objectif personnel, avant même que le rugby soit intégré au programme olympique. On y a fait une performance honorable. Mais je retiens surtout la qualification. Ce fut une expérience incroyable et une vraie aventure humaine. »

L'heure est désormais au repos et à la reconversion car « le sage » - surnom donné du fait de son hygiène de vie irréprochable – envisage de devenir Naturopathe et d'évoluer dans le bien-être. « Quand on arrive à un certain âge, il faut aussi savoir passer la main. J’avais mon rôle sur le terrain, mais aussi en dehors pour essayer de faire grandir au plus vite les jeunes derrière. Les événements extérieurs font qu’il y a un petit peu de déception de terminer comme ça avec trois mois de compétition en moins. »

Cecil Afrika laisse la porte ouverte aux JO... au cas où

Cecil Afrika quant à lui songeait déjà à arrêter en 2019, mais avait prolongé d'une année en prévision des Jeux. Il a finalement vécu son 66e et dernier tournoi à Vancouver en mars dernier, la veille de son 32e anniversaire, où les Blitzboks ont terminé à la 4e place. Il reste, avec 1 462 points, le meilleur marqueur de l'Afrique du Sud de toute l'histoire du circuit mondial. Sacré Joueur World Rugby de Rugby à 7 en 2011, il a participé aux Jeux du Commonwealth en 2010, en 2014 - où les Blitzboks ont remporté la médaille d'or – puis en 2018. Médaillé de bronze aux JO de Rio en 2016, il a également joué à la Coupe du Monde de Rugby à 7 en 2013 à Moscou. On l'a aussi vu sur les terrains à XV à l'occasion du Championnat du Monde des Moins de 20 ans 2008 au pays de Galles où les Baby Boks avaient terminé 3e.

« Faire partie des Springbok Sevens a été une période vraiment incroyable de ma carrière et les Blitzboks resteront à jamais ma famille et ma maison », dit-il, désireux néanmoins de laisser la porte ouverte en cas d'un retour pour les JO. « La possibilité demeure si l'occasion de jouer aux Jeux olympiques de 2021 se présente. Je suis toujours prêt à jouer si les Blitzboks ont besoin de moi. »

En attendant, il entend se recycler dans le coaching, l'analyse et le développement sportif. « Je crois que je peux ajouter de la valeur grâce à mon expérience et j'aimerais en faire partie, non seulement en tant que joueur sur le terrain, mais aussi sur le bord du terrain », assure-t-il.

En parallèle, il a développé avec deux ex-coéquipiers – Kyle Brown et Philip Snyman – un business dans le café, sa grande passion. Eighteen Coffee a été lancé en 2018 à Stellebosch.