Le Cap - 9 décembre 2017. Une date particulière dans l’histoire récente du rugby à sept français puisque c’était la dernière fois que les Français s’étaient qualifiés pour les quarts de finale d’un tournoi des World Series. Une phrase à mettre au passé et une date à oublier puisqu’il faudra désormais retenir Sydney - 2 février 2019. Douze tournois. Un an et deux mois d’attente pour gouter de nouveau à l’ivresse des cimes. Bon, les cimes ne sont pas encore là et il faudrait être très courageux pour miser sur une victoire finale des Français ce week-end en terre australienne. Mais c’est tout de même un début prometteur.

Dès son entrée en lice, l’équipe de France a montré certaines qualités intéressantes. Une capacité à résister défensivement contre les Etats-Unis, coleader des World Series et finalistes des trois premiers tournois de la saison. Les Bleus se sont inclinés d’un souffle (7-0) mais ce qui restera de cette rencontre sera un symbole. Le match dans le match que se sont livrés Carlin Isles et Gabriel N’Gandebe. Deux joueurs aux morphotypes proches l’un de l’autre et N’Gandebe a été l’un des seuls joueurs sur le circuit à mettre en échec, en un contre un, le joueur le plus explosif du circuit. Le symbole d’une équipe de France sans complexe et qui s’est montrée exemplaire défensivement.

Stephen Parez puissance 4

Mais, malgré les bons signaux envoyés, cette première rencontre était synonyme de défaite. Il fallait donc confirmer par un succès face au Canada, en difficulté cette saison mais à la grande expérience. Pour ce rendez-vous crucial, Jérôme Daret a pu compter sur un homme en état de grâce : Thibaud Mazzoleni. Le n°12 a inscrit l’un des essais du tournoi sur une remise en jeu en effaçant son défenseur, longeant la ligne de touche et concluant son aventure en solitaire. Un chef d’oeuvre individuel qui a pesé lourd dans la victoire finale des Bleus (12-17).

Si Thibaud Mazzoleni a été touché par la grâce, que dire de Stephen Parez ? Dans la rencontre décisive pour la qualification face au Kenya, le joueur de 24 ans s’est offert un quadruplé ! Parfois à la conclusion d’un travail collectif, une autre fois en s’appuyant sur un exploit individuel, il a tout fait à la défense kenyane qui a explosé en vol (17-40). Quatre essais qui ont permis à l’international tricolore de passer la barre des 400 points inscrits en World Series.

Le miracle australien

Dans le reste de cette première phase, à noter la fin de match haletante entre le tenant du titre et hôte de la compétition australien face au rival sud-africain. L’Australie, dominée par l’Argentine en ouverture (14-29), se devait de battre l’Afrique du Sud de 5 points ou plus pour se qualifier en compagnie des Blitzboks. Si l’entame est parfaite pour les Aussies (0-17 après 4 minutes), la suite est plus compliquée (21-17 en milieu de deuxième période). Si l’Australie conserve un maigre espoir par Coward (21-24), la sirène a retenti et l’Afrique du Sud a le ballon. L’occasion de dégager en touche et de se qualifier en compagnie des Argentins… sauf que les Blitzboks veulent jouer la gagne et finir sur un essai. Bien mal leur en a pris. Le ballon est perdu au sol. En contre, Malouf, dans une ambiance indescriptible, dépasse la défense adverse devant une foule en délire (21-29).

En revanche, aucune frayeur pour les Fidji qui ont assuré leur place en quart de finale sans pour autant montrer un niveau de jeu aussi impressionnant que lors de leurs dernières sorties. Ceux qui ont réellement marqué cette première journée portent un maillot noir avec une fougère argentée brodée sur le coeur. Les Blacks ont enchaîné les essais et les cartons. Ils s’imposent comme le principal adversaire des Fidjiens dans la conquête du titre. Et, malheureusement, leur adversaire en quart de finale sera… l’équipe de France. Mais en combinant la défense montrée contre les Etats-Unis et l’inspiration offensive aperçue face au Canada et au Kenya, peut-être que les coéquipiers de Manoel Dall’Igna pourront faire douter les recordmen de victoires en World Series.