Pour cette troisième étape du circuit mondial, la première en 2019, les meilleures nations avaient rendez-vous à Hamilton dans la région d’Auckland. Et, au pays du long nuage blanc, ce sont les Fidjiens, qui évoluaient quasiment à domicile, qui ont remporté leur premier tournoi de la saison. Opposés en finale aux Etats-Unis, ils ont logiquement disposé de leurs adversaires (38-0).
Devant un public tout acquis à leur cause, les Fidjiens ont prouvé durant tout le tournoi pourquoi ils étaient champions olympiques en titre. Ils ont également montré les raisons qui font de leur équipe la plus agréable à voir jouer sur le circuit depuis des années. Durant tout le week-end, personne n’a pu faire face. Pas même les Américains, numéro 1 mondiaux. Dès les premiers instants, les « Flying Fijians » rappellent qu’ils sont des artistes, des funambules. Nasoko réalise une merveille de passe dans le dos qui ouvre l’espace qui amènera l’essai de Tuwai. Tuwai qui a attendu cette grande finale pour sortir de sa boîte. Et de quelle façon ! Un doublé, un grattage décisif sur le troisième, un rôle de détonateur sur deux autres réalisations dont une passe géniale pour Nasoko.
Le beau message de Gareth Baber
Pour leur troisième finale consécutive en Nouvelle-Zélande, les Fidjiens ont montré qu’ils étaient dans leur jardin sur l’île au long nuage blanc. Après la finale, Gareth Baber, le coach des Fidji, en a d’ailleurs profité pour adresser un beau message à ses supporters. « Evidemment, c'était très particulier et je tiens à remercier tous les supporters Fidjiens. Ils ont porté l'équipe aujourd'hui et nous apprécions tout ce qu'ils font pour nous. Nous continuons simplement de jouer. C'est une mission difficile, faite de persévérance. Il faut y croire. Une croyance réciproque et croire en Dieu. Mais, avant tout, il faut croire en tout ce peuple fidjien et à la marque de l'excellence qui s'applique à tous les enfants que nous voyons jouer aux Fidji. »
Pour les Etats-Unis, ce tournoi est celui de la confirmation. Privés dès le premier match du double meilleur joueur du monde Perry Baker, victime d’une fracture de la mâchoire, les Eagles ont disputé leur troisième finale consécutive sur les World Series. Dans le sillage d’un Carlin Isles flashé à 37km/h, ils croient en eux et ne refusent pas le combat comme l’a confirmé l’ailier avant la demi-finale face aux locaux. « Contre la Nouvelle-Zélande, nous allons devoir jouer physique. Ce sera un match d'hommes. Nous sommes prêts à aller loin. »
Loin, ils y sont allés avec une place en finale décrochée logiquement (7-17) et qui leur permet de conserver la première place mondiale. Il reste désormais aux Américains une étape à franchir. Triples finalistes, ils ont toujours buté sur la dernière marche. Certainement la plus compliquée à gravir.
Rodwell dans l’histoire
Parmi les autres faits marquants de ce tournoi d’Hamilton, l’Anglais James Rodwell est devenu le joueur ayant disputé le plus de tournois dans l’histoire des World Series Sevens avec 90. Il dépasse ainsi DJ Forbes auquel il a tenu à rendre hommage. « DJ est une légende de ce sport et je ne pense pas que quiconque ait pensé, un jour, qu'on puisse battre son record. C'est une légende. C'est bien d'être impliqué dans les voyages de l'équipe et de voir l'évolution au fil des ans. Dans mon nouveau rôle cette année (il est joueur et entraîneur), j'espère pouvoir donner un petit quelque chose en plus aux jeunes qui arrivent. Tout est devenu plus rapide, plus fort. Nous sommes une famille itinérante qui fait le tour du monde. C'est tellement différent de ce que j'ai connu quand j'ai commencé. Si vous voulez jouer à ce jeu, vous devez être un athlète ultime. »
Pour l’équipe de France, ce tournoi restera douloureux. Quatorzièmes au final, les Bleus ont souffert. Dans le registre des points positifs, à noter le bon week-end de Jonathan Laugel, de Pierre Boudehent ou encore du quasi-novice Rémi Siega. Sa fraicheur a fait du bien au jeu tricolore. Alors que les espoirs d’une qualification directe pour les JO de Tokyo s’éloignent (seuls les 4 premiers du classement mondial auront leur billet, les autres devront passer par un tournoi qualificatif), l’éclosion d’espoirs ne peut qu’aider cette équipe à grimper dans la hiérarchie et suivre la trajectoire d’équipes comme les Etats-Unis.