« On n'est pas encore rentré dans l'histoire... on verra dimanche ! » Au coup de sifflet final, l'entraîneur de l'équipe de France des moins de 20 ans ne veut pas vendre la peau de l'ours. Et comme il le dit lui-même : « il reste encore cinq jours pour se préparer. » Quoiqu'il en soit, c'est la première fois que la France se qualifie pour une finale du Championnat du Monde des Moins de 20 ans. Qui plus est chez elle.
Elle a réussi à battre la Nouvelle-Zélande qui l'avait battu l'an passé en Géorgie au même stade de la compétition. Dans l'autre demi-finale, l'Angleterre a surpris l'Afrique du Sud dans les derniers instants en arrachant la qualification d'un point seulement.
Demi-finale : Angleterre 32 v 31 Afrique du Sud
Les deux demi-finalistes se connaissent très bien car ils se sont déjà retrouvés à cette étape du Championnat l'an passé et en match de préparation. Plus récemment, l'Angleterre a perdu 12-26. Les jeux étaient ouverts cette année.
Dès le coup d'envoi, l'Afrique du Sud et l'Angleterre ne s'échappent pas. Si on pensait que les débats seraient essentiellement concentrés sur un combat d'avant, les équipes écartent le ballon. Sur la première mêlée, le pack anglais emporte son homologue des Junior Boks. Pénalité pour le XV de la Rose qui va trouver une touche à 10 mètres de la ligne. Coup dur pour les Sud-Africains avec Pretorius qui sort soigner une arcade pétée alors que dans le même temps le puissant troisième ligne centre Uys écope d'un carton jaune pour un plaquage à retardement. L'Angleterre en profite pour concrétiser après une grosse avancée plein axe. Marcus Smith élargit sur l'aile gauche et Tom parton échappe à deux défenseurs pour plonger dans l'en-but (5-0). Peu de temps après, c'est au trois-quart centre Tom Hardwick de slalomer, puis d'effacer trois défenseurs et enfin d'aplatir (12-0). Deux minutes plus tard, Kpoku manque de plier le match du bout du bras sur la ligne, mais le ballon lui échappe au pire moment. L'Angleterre va alors prendre l'ascendant petit à petit menant 22-7 à la pause.
Au retour, l'Afrique du Sud tente de recoller au score avec un essai de Uys (non transformé) puis de Notje. Les Baby Boks ne sont plus qu'à six points avant que Olowofela ne porte l'estoquade 32-19 à l'heure de jeu. Il sera difficile à l'Afrique du Sud de revenir malgré les essais de Rass (non transformé) puis de Ntlabakanye à la 74e profitant d'un carton jaune sur Scott une minute plus tôt. La marche est courte, mais le défaut de jeu au pied aura été fatal aux Baby Boks qui laissent filer la victoire (32-31).
Demi-finale : Nouvelle-Zélande 7 v 16 France
Les baby Blacks ont gagné le toss et donne le coup d'envoi après une traversée du terrain sous la ferveur populaire d'un stade Aimé-Giral plein à craquer (13 866 billets !) et après un haka spéciale dédicace pour less Bleuets. Le premier quart d'heure est d'égale intensité d'un côté comme de l'autre. Les bleuets lancent des attaques sans faiblir, mais Barassi échoue à deux mètres de la ligne pour sa première action. Les Français sont dominateurs, tiennent le ballon, gagnent les impacts, mais qui ne réussissent pas à marquer sur leur temps-fort. En face, les baby Blacks jouent très vite mais ont du mal à passer dans la camp français. Juste avant la demi-heure de match, une deuxième opportunité se présente. Etonnament, les Bleuets choisissent de tenter l'essai et non de prendre les trois points. Finalement, dans l'impossibilite de passer la ligne, ils choisissent de prendre la pénalité, profitant d'une nouvelle sanction contre la mêlée noire. Louis carbonel passe ainsi les trois premiers points du match (0-3). A quelques secondes de la pause, une occasion en or se présente pour les Bleuets, la troisième depuis le début de la rencontre. Sur son couloir, Matthis Lebel est seul à filer à l'essai, mais le ballon lui échappe des mains à deux mètres de la ligne d'en-but. Les 92 plaquages côté néo-zélandais contre 47 chez les Bleuets montrent bien l'intensité des Blacks de contenir les assauts des Français.
A la 43e, les Bleuets ne laissent toujours pas respirer les Néo-Zélandais et gardent jalousement le ballon. Depuis une récupération du ballon de Clément Laporte dans ses 40 mètres, les Bleuets jouent et mettent le feu. 17 temps de jeu des Bleuets qui rentrent et jouent dans les 22 mètres. Matthis Lebel vient se proposer pour casser la défense des Baby Black. Sur le rebond, Ntamack vient à hauteur et aplatit (0-10). Les Néo-Zélandais ont toujours du mal à passer la ligne médiane et se font pénaliser en mêlée. Louis Carbonel en profite pour marquer trois points depuis 35 mètres, sur la droite (0-13). Il en manquera une autre de 5à mètres plein axe. Même déconvenue pour Romain Ntamack qui est trop court à 50 mètres. Encore une fois, les Baby Blacks se font pénaliser, si ce n'est en mêlée, sur un groupé pénétrant. La pénalité est tentée et Carbonel la passe (0-16). Il reste un dernier quart d'heure et le public d'Aimé-Giral piétine. Il reste un peu plus de dix minutes à jouer lorsque les Baby Blacks attaquent et c'est Harry Plummer qui arrive à aplatir dans le coin gauche son deuxième essai du Championnat. Et malgré la difficulté, il arrive à transformer son essai (7-16). La France arrivera à tenir pendant les dix dernières minutes et à se qualifier pour une finale historique à Béziers.
Demi-finale pour la 5e place : Pays de Galles 15 v 39 Argentine
La demi-finale pour la cinquième place entre le Pays de Galles et l'Argentine à Narbonne a eu du mal à se lancer dans le premier quart d'heure de jeu. Les trois premiers points arrivent côté argentin par une pénalité de Joaquin de la Vega Mendia (0-3). Les Gallois accélèrent le jeu puis Ryan Conbeer se lance tête baissée après une relance, passe cinq défenseurs et finit près des perches (7-3). Les Pumitas tentent de recoller au score et y arrivent par une course sous pression de Mateo Carreras qui remet la balle au centre par un coup de pied de génie, permettant à Manuel Nogues d'aplatir au pied des perches (7-8). Réduits à 14 joueurs (Agustin Segura exclu), les Pumitas encaissent un essai suite à une belle diagonale de Cai Evans qui arrive directement dans les bras de Baldwin stratégiquement positionné dans l'en-but (12-8). Juste avant la pause, les Pumitas mettent à nouveau la pression, cette fois sur le parck gallois qui par deux fois se fait sanctionner, conduisant à un essai de pénalité (12-15).
A la reprise, les Pumitas prennent le large avec encore un coup de pied précis de De la Vega Mendia qui trouve Santiago Carreras qui marque en force seulement 47 secondes après le retour des vestiaires (12-22). Les Gallois tentent par tous les moyens de pousser les Argentins à la faute, mais ne doivent se contenter que d'une pénalité face aux poteaux bien négociée par Cai Evans pour remonter un peu au score (15-22). Les Argentins remettent enfin la main sur le ballon et procèdent de la même manière qu'avant avec un jeu de passes, de offloads et de courses jusqu'à ce que Juan Ignacio Molina ne marque, bien servi par Santiago Carreras (15-29) qui sort quelques minutes plus tard sur blessure. Même si la possession de balle est clairement en faveur des Gallois (70-30), ce sont bien les Argentins qui maîtrisent le match, excellents en défense et étouffant les adversaires à l'image de cette mêlée à trente mètres face aux poteaux où les Gallois se font encore pénaliser, ce qui rajoute trois points aux Pumitas (15-32). Ils pourraient d'ailleurs rajouter bien plus s'il n'y avait pas ce poteau trop présent... A quatre minutes de la fin de la rencontre, les Pumitas font remonter le ballon à cinq mètres de l'en-but jusqu'à ce que Avellaneda ne marque en bout de ligne (15-39). Les Argentins se qualifient sans faiblir pour le match pour la cinquième place.
Demi-finale pour la 5e place : Italie 15 v 44 Australie
Il aura fallu attendre dix minutes pour voir les premiers points au tableau d'affichage de cette rencontre entre l'Australie et l'Italie à Narbonne. Les deux équipes jouent gros : si possible une même place pour l'Australie qu'en Géorgie en 2017 et un superbe classement pour l'Italie, comme jamais auparavant. Suite à une chandelle, l'Italien Giovanni d'Onofrio arrive à s'emparer de la balle et court droit face à lui sur l'aile gauche pour aplatir (5-0). L'aile gauche réussit également aux Junior Wallabies qui passent en force pour coller au score grâce à leur deuxième-ligne Harrison Hockings (5-5). Mais la suite sera plus compliquée pour l'Australie du fait d'un carton rouge sur Michael Wood, auteur d'un coup de pied dans la tête de Francesco Modena dans un regroupement, qui se voit obligée de finir les 60 minutes restantes de la rencontre à 14. Suite à un nouvel essai de D'Onofrio, Ryan Lonergan parvient à passer une pénalité, ramenant l'Australie à deux points (10-8). Les Junior Wallabies redoublent d'effort dans l'adversité et parviennent à marquer une fois de plus grâce au demi d'ouverture Hamish Stewart qui termine une action qu'il avait entamée et relayée par Semisi Tupou et Lawson Creighton qui sert en offload pour marquer entre les poteaux (10-15). A la pause, la tension est palpable sur le terrain.
Au retour, Matteo Nocera se fera d'ailleurs sanctionner d'un carton jaune, ce qui ramène les deux équipes à 14 pour dix minutes. Un contexte favorable aux Australiens dont les avants enfoncent leurs homologues des Azzurrini sous les perches laissant le troisième ligne aile Fraser McReight marquer (10-22). Les avants sont décidément... en première ligne pour l'attaque chez les Junior Wallabies avec un essai similaire au précédent au pied des poteaux pour George Francis (10-29). Malgré un triplé de D'Onofrio à la 66e (15-22), l'Australie déroule et laisse l'Italie sans réponse dans le dernier quart d'heure de jeu avec le doublé de Fraser McReight, puis un essai de Bayley Kuenzle (15-44). L'Australie disputera le match pour la cinquième place du Championnat face à l'Argentine.
Demi-finale pour la 9e place : Irlande 29 v 45 Ecosse
Les deux équipes avaient à cœur de signer là leur toute première victoire en Championnat du Monde des Moins de 20 ans en France après être sorties dernière de leur poule respective. Dans un stade Aimé-Giral qui commence à se remplir en attendant le choc du soir entre Nouvelle-Zélande et France, l'Ecosse ouvre le score par une pénalité réussie de Charlie Chapman à trente mètres plein axe (0-3). A la 10e minute, les Irlandais campent à quelques centimètres de la ligne et parviennent à aplatir grâce à Harry Byrne qui transforme son propre essai (7-3). A la 22e, l'Irlande ne rechigne pas au combat et se lance dans une cocotte pour gagner quelques mètres précieux. Le ballon est habilement tapé entre les poteaux par Harry Byrne et Peter Sylvester n'a plus qu'à courir et poser la main dessus (14-3). Belle réplique quelques minutes plus tard de l'Ecossais Finlay Richardson qui, après une remise en jeu à cinq mètres de l'en-but, permet à l'Ecosse de revenir à quatre points de l'Irlande (14-10). Tout juste passée la demi-heure de jeu, le pilier remet ça en transperçant la défense verte et pour la première fois donne à son équipe l'opportunité de passer devant au score (14-15). Il fallait ça pour décoincer l'Ecosse qui marque une nouvelle fois par l'ailier Logan Trotter trois minutes avant la pause (14-24). Dans les tribunes, l'icônique demi de mêlée Greig Laidlaw ne peut cacher sa satisfaction. Juste avant la pause, Harry Byrne tente de rassurer les siens en passant trois points de plus (17-24).
Au retour, les Ecossais gardent la main sur le ballon. Guy Graham se lance dans une course de 40 mètres pour passer la ligne et permettre facilement à Charlie Chapman de transformer (17-31). Les Ecossais sont alors inarrêtables avec cette percée de Kyle Rowe qui passe derrière les perches pour déposer tranquillement (17-38). Derrière une mêlée à 5 mètres à l'heure de jeu, les Irlandais jouent petit côté avec Michael Silvester qui sert sur un pas Tommy O'Brien qui aplatit en coin (24-38). A la 68e, après sept phases de jeu à quelques centimètres de la ligne d'en-but, le numéro 8 écossais Devante Onojaife arrive tant bien que mal à aplatir (29-45) alors que l'Irlande est sanctionnée d'un carton jaune sur Doris. A huit minutes de la fin, le remplaçant Jack Daly parvient à aplatir alors que Kyle Rowe sort lui aussi sur carton. Le score n'évoluera plus. Par ce résultat, l'Ecosse remporte sa première victoire dans le Championnat 2018.
Demi-finale pour la 9e place : Géorgie v Japon
« Ils vont souffrir les Japonais », confiait un supporter dans les travées du Stade Aimé-Giral à quelques minutes du coup d'envoi de cette deuxième demi-finale pour la 9e place. Et pourtant, c'est bien le Japon qui a marqué le premier essai à sept points grâce à Gakuto Ishida à la èe minute (0-7). Mais les Géorgiens mettent le turbo ou plutôt lancent les gros par le pilier Luka Japaridze qui arrive à pleine vitesse et percute la frêle défense japonaise pour égaliser... après 17 temps de jeu (7-7) ! Pénalisée, la Géorgie se prend une pénalité (7-10). techniquement, les Baby Blossoms dominent en mettant plus de vitesse, en étant plus techniques et présents dans les rucks. En face, les Junior lelos se font sanctionner et lee pilier Guram Gogichashvili prend un jaune. Le japon en profite et marque par son ailier Halatoa Vailea après une longue passe sautée du centre Yuto Mori (7-17). Le maul géorgien parvient à accoucher d'un essai dont le papa est Demur Tapladze avant la pause (12-17).
Au retour des vestiaires, le Japon impose son rythme avec Kyohei Yamasawa, petit frère de l'international japonais Takuya Yamasawa, qui donne de l'air au Japon (12-22). La fatigue commence à se faire ressentir d'un côté comme de l'autre de ce match d'une forte intensité. Après un plaquage dangereux, le troisième-ligne géorgien Sandro Mamamtavrishvili écope d'un carton jaune puis c'est au tour de Fujiwara d'être sanctionné dix minutes plus tard. Le score restera ainsi bloqué jusqu'à dix minutes de la pause lorsque Demur Tapladze réussisse son doublé pour recoller au score et donner corps à une fin de match haletante (19-22). Mais à la 77e minute, tout bascule. Gela Aprasidze passe la ligne et donne deux points d'avance à son équipe. Et même si la transformation ne passe pas, la victoire est assurée. Et la relégation de la Géorgie en Trophy l'année prochaine est oubliée (24-22).