On se souvient de ces images tournées à la fin du mois de juin 2016 sur la pelouse du Stade Louis II à Monaco. L'Espagne venait d'accomplir l'impensable : battre les Samoa en finale du tournoi de repêchage pour les jeux Olympiques de Rio après un week-end de folie.
Les images de Pablo Feijoo, le capitaine d'alors, ravalant ses larmes et tentant de contenir une émotion plus forte que lui ont fait le tour du monde. Et aujourd'hui, dix mois plus tard, on le retrouve avec la même ambition : se hisser parmi les meilleures équipes au monde et réussir le tournoi de qualification de Hongkong.
"Cette interview était incroyable; une récompense de plus de quinze années de travail", se rappelle Feijoo. "Se qualifier pour les jeux Olympiques est la chose la plus importante qui puisse arriver à un sportif. Représenter son pays a été quelque chose d'inouï et partager tous ces moments uniques avec des athlètes du monde entier reste un souvenir extraordinaire."
Depuis Rio, la vie a évolué. Le père de Pablo - Alfonso, un ancien international qui a entraîné l'équipe d'Espagne pour la Coupe du Monde de Rugby 1999 - a depuis été élu président de la Federación Española de Rugby.
Après avoir raccroché les crampons, Pablo Feijoo a été appelé comme entraîneur de l'équipe de rugby à 7 d'Espagne. C'est donc lui qui aura la lourde tâche de mener Los Leones au tournoi qualificatif de Hongkong en espérant réaliser un nouvel exploit : cette fois se qualifier pour le circuit mondial 2017-2018.
Une tâche difficile... mais pas impossible
"Après Rio, la fédération a fixé une nouvelle priorité : se qualifier pour la Coupe du Monde de Rugby 2019", explique Pablo Feijoo.
"Notre réserve de joueurs n'est pas extensible et la plupart des joueurs que nous avions à 7 jouent à XV. Avec la charge de travail qui les attend et le niveau des U20 à côté, ça veut dire qu'il a fallu se retrousser les manches pour détecter de nouveaux talents, leur donner du temps de jeu dans des tournois et participer à des stages de préparation."
Au vu de leur récent passé, les Espganols sont une cible pour le tournoi de qualification de Hongkong. Mais Feijoo sait bien que ce tournoi ne sera pas une partie de plaisir pour Los Leones.
"Déjà avec une équipe pro nous avons eu du mal, donc avec une équipe plus jeune qui ne se retrouve que pour quatre jours d'entraînement chaque mois, la tâche va être encore plus difficile ! Nous arrivons là-bas après deux semaines de préparation intense. Je pense quand même que nous allons bien joué. Et si on le veut vraiment, personne ne pourra nous arrêter !"
Sauf que contrairement à l'équipe dont il était le capitaine, celle-ci n'affiche que peu d'expérience à ce niveau. En tant que joueur, Pablo Feijoo a joué avec le maillot de l'Espagne pendant près de 15 ans. Avant les JO de Rio, l'équipe jouait même ensemble depuis une dizaine d'années. Et pour ce tournoi de Monaco en juin 2016, tous les membres avaient conscience qu'il s'agissait là du match de leur vie.
Désormais passé de l'autre côté, Feijoo expérience une autre manière de vivre ces tournois et particulièrement cette Poule A qui l'attend face à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à l'Uruguay et au Guyana.
"Chaque match sera difficile, mais dans le 7, tout peut arriver. On doit être à notre meilleur niveau à chaque instant ou sinon l'adversaire nous le fera payer cash."