Le commentateur et ancien international de Rugby à 7 Jean-Baptiste Gobelet revient en exclusivité pour World Rugby sur les 7 points à retenir du tournoi de Sydney.
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mar.
7
février,
2017
·
Lecture: 5 min'
Le commentateur et ancien international de Rugby à 7 Jean-Baptiste Gobelet revient en exclusivité pour World Rugby sur les 7 points à retenir du tournoi de Sydney qui a vu l'Afrique du Sud remporter son troisième titre en quatre tournois.
1. La Nouvelle-Zélande : le début de la sortie du tunnel
« Ils ont retrouvé un jeu intéressant, et ont reconstruit un schéma tactique et technique qui repose sur des joueurs intéressants comme Tim Mikkelson (66 sélections, ndlr) qui a fait un tournoi de malade. Il y a aussi des joueurs comme Sherwin Stowers (34 sélections, ndlr) qui n'était pas trop dans le profil Tietjens (l'ancien coach, ndlr) depuis quelques années et qui prend un peu plus d'épaisseur dans le jeu néo-zélandais. Cette équipe revient en puissance, qui retrouve un jeu qui va de l'avant. Après leur année de « disette » - ça fait un an et demi qu'ils sont un peu en dessous – là ils reviennent avec de nouveaux schémas et une équipe plus solide. »
« On avait vu qu'ils étaient affûtés au tournoi de Welington. C'est une équipe britannique qui a quand même fait trois Cup en quatre tournois. Une constance assez significative, ce qui montre que les équipes britanniques montent en puissance. En plus, le fait que le Pays de Galles joue avec des jeunes joueurs montre aussi que tout le process de formation qui est en train de se mettre en place est payant. En plus, avec l'apport de Benjamin Ryan qui va arriver (l'ancien coach des Fidji à 7 a été missionné en tant que consultant de la fédération, ndlr) va consolider tout ça. Ça va être une équipe sur laquelle il va falloir focaliser son attention.
« Contre les Fidji, ils gagnent et même largement (en match de poule 28-15, ndlr) avec un hat-trick de Morgan Williams. Contre l'équipe de France ils sont un peu chanceux car ils ne devraient pas gagner la possession de balle à trente secondes de la fin du match (suite à une mauvaise transmission d'Aicardi, ndlr). C'est une équipe qui accroche, qui joue avec ses jeunes joueurs, les développe. Les joueurs du 7 ont vraiment une base solide et jouent bien. »
3. L'Afrique du Sud et son solide réservoir
« C'est vraiment au-dessus. Ils ont eu une défaite contre l'Angleterre (en match de poule, 15-21, ndlr), ce qui est assez rare de leur côté (c'est seulement la deuxième faite depuis le début de la saison, soit en 24 matches, et toujours contre l'Angleterre, ndlr). Sur ce match, on les a vu un peu fébriles à certains endroits.
« C'est une équipe très difficile à manœuvrer. Très peu d'équipes arrivent à leur mettre des essais et à les prendre en défaut. On a vu sur la finale qu'ils maîtrisaient amplement le sujet avec de gros joueurs comme Kwagga Smith et Justin Geduld qui sont dans l'équipe-type. Quand ce n'est pas untel qui est bon, il y a toujours des joueurs autour qui font le travail.
« Senatla a encore mis 9 essais (dont 6 la première journée, ndlr) dans le tournoi. En trois saisons, il a inscrit 189 essais (5e meilleur marqueur d'essais de tous les temps, ndlr). Le fait qu'il se retire avec Werner Kok du circuit, montre le réservoir et la puissance sud-africaine, car ce ne sont pas les premiers qui sortent et qui sont passés par le rugby à 7.
« Werner Kok, personne ne le connaissait il y a encore deux ans et il a complètement explosé. On voit qu'ils ont une capacité à faire briller leurs joueurs assez régulièrement. Leur équipe de rugby à 7 est vraiment l'antithèse de leur équipe à XV qui n'est pas dans le même système de fonctionnement.
« Le départ de Senatla leur fera du mal car c'est un finisseur hors pair, mais ils vont mettre en place un nouveau système, ils vont être créatifs. Ils ont changé leur profil de joueurs, plus grands, plus longilignes. Des choses vont se créer. Ils vont récupérer ces joueurs pour 2018 avec les Jeux du Commonwealth et la Coupe du Monde de Rugby à 7. »
4. Ne plus sous-estimer la Russie
« On s'est un peu moqué au début de la saison parce que c'était l'équipe la plus jeune avec l'Argentine et l'Australie (c'était aussi la troisième équipe la moins expérimentée à Dubaï avec 117 sélections derrière l'Ouganda et le Japon, ndlr) avec un jeu qui avait de gros soucis techniques (erreurs de main...). Et là, sur le quatrième tournoi, on voit que les joueurs commencent à prendre leurs repères avec un jeu collectif léché. Ça joue bien, ça conserve la balle, en défense c'est bien même si ça manque un peu de puissance.
« Elle n'est pas assez forte pour contenir les assauts des Sud-Africains ou des Fidjiens, mais c'est une équipe qui m'a impressionné.
« En plus, c'est l'équipe la plus disciplinée du tournoi (9 pénalités contre elle seulement, ndlr). Ils ont travaillé la discipline et la conservation de balle. Elle a perdu le moins de ballons sur l'ensemble, c'est une équipe très propre (267 passes, soit un ratio de 44,5% devant le Pays de Galles 42. C'est également la 1re nation en termes de plaquages réussis avec un taux de 85% devant l'Angleterre à 82% et l'Afrique du Sud à 81%, ndlr).
« C'est une équipe qui va prendre de l'épaisseur et une dimension physique. Elle fera partie des équipes qui peuvent challenger les nations phare européennes . En finale du Challenge Trophy contre la France, ils ont marqué 26-0 et il n'y a rien à redire. Ils ont été très bon sur les rucks et dans la possession de balle. Ça va être intéressant de voir s'ils vont être réguliers sur l'ensemble de la saison et comment ils vont évoluer. »
5. Les USA avec Vegas en ligne de mire
« Ils sont montés en puissance. On voit que le tournoi de Las Vegas est en ligne de mire. Danny Barrett est l'un des meilleurs joueurs du tournoi ; il a explosé tous les compteurs et a été omniprésent. La blessure de Perry Baker leur a fait défaut à un moment donné ; on voit que c'est un joueur qui compte. Il leur manque aussi des joueurs comme Test car ils avaient un peu de mal à gérer le milieu de terrain. Si ils récupèrent deux ou trois joueurs leader dans l'attaque, ça leur permettra de bien figurer à Végas. »
6. Les Fidji, pas la meilleure équipe fidjienne du moment
« Regardez l'essai à 25 passes qu'ils ont marqué contre les Samoa ! Ce n'est pas la meilleure équipe des Fidji du moment, on a déjà vu mieux, mais ils trouvent de nouveaux joueurs comme Joeli Lutumailagi (20 sélections) ou Jerry Tuwai (21 sélections, ndlr) qui a fait un tournoi intéressant.
« Ils sont en train de former de nouveaux joueurs, tenter de nouveaux schémas avec un nouveau coach. Ce n'est pas les Fidji qui vont aller tout renverser. Ils sont comme les All Blacks, en train de prendre leurs repères. C'est un peu l'équipe des Fidji d'il y a quelques années avant que Ben Ryan ne vienne aux commandes.
7. Les Français à leur place
« C'est un tournoi qui a été une déception d'autant qu'on avait vu des choses intéressantes à Wellington. Cette première défaite le premier jour contre les Gallois met un peu en défaut les Français pour le reste du tournoi. Sur l'ensemble de la tournée en Océanie, il y a quatre victoires, un nul et six défaites. Les quatre victoires c'est contre les Samoa, la Papouasie et le Japon, soit des équipes au-dessus du Top 12, mais aucune victoire face à des équipes du Top 12.
« L'équipe de France est à sa place mondiale, celle qu'elle a depuis cinq-six ans. Elle a très peu de turnovers parmi les joueurs. Les joueurs étaient très fatigués. Il a fait chaud, oui, mais il a fait chaud pour tout le monde. L'équipe de France est performante principalement quand tout le monde est en forme. Il y a une bonne gestion à trouver sur la forme critique des joueurs et le système de jeu à mettre en place. »