Ils n'ont plus longtemps à attendre les athlètes français. Dans quelques jours, le lundi 21 juillet exactement, ils seront fixés. Les équipes de France de rugby à 7, hommes et femmes, qui iront défendre les chances tricolores aux Jeux Olympiques de Rio, seront enfin dévoilées. 12 membres de chaque équipe, ainsi que deux réservistes à chaque fois, partiront dans les prochaines semaines au Brésil.

Si aujourd'hui les entraîneurs ont une idée précise de qui partira, chacun respecte le calendrier pour ne pas brûler les étapes. « Tout le monde joue le jeu. Comme partout il y aura des déçus et des heureux. Il ne faut pas trop se prendre la tête. J'espère que j'y serais et je donnerais tout pour ne pas avoir de regret et rien à me reprocher, quelle que soit la décision des coachs », assure le petit nouveau de l'équipe de France, Jean-Pascal Barraque.

"J'espère que j'y serais et je donnerais tout pour ne pas avoir de regret et rien à me reprocher, quelle que soit la décision des coachs."

Jean-Pascal Barraque

« On est toutes réunies au même endroit, un peu loin de tout, des familles », évoque Fanny Horta, la capitaine des féminines actuellement en stage à Tignes (Savoie). « On a tendance à se rapprocher davantage et je pense que ça aide beaucoup certaines qui sont dans le doute ou qui l'ont été plus fortement ces derniers jours de penser à autre chose et plus au jeu. »

Les féminines justement ont profité du tournoi européen de Kazan pour se mesurer à d'autres équipes. « Kazan nous a mis sur une bonne lancée, même si ce n'est qu'un tournoi européen avec tout le niveau que ça amène. Personnellement je trouve que c'est de mieux en mieux, mais ce n'est pas le niveau IRB non plus. Il fallait absolument que l'on finisse premières pour montrer que nous étions au-dessus du lot. C'était indispensable, la dernière compét avant les Jeux », ajoute Fanny.

Pour les garçons, après le tournoi Sevens and the City à Londres, c'est à Exeter qu'ils vont peaufiner leur rugby ce week-end, en espérant faire face à une confrontation suffisante pour ce dernier baroud avant les JO. « C'est la seule étape du circuit européen que l'on a choisi de faire. On a choisi celle qui nous allait le mieux pour faire le pic de combat un mois pile avant les Jeux », indique l'entraîneur des garçons, Frédéric Pomarel.

Entraînement : retour au début de saison

En attendant que soient dévoilés les noms, la préparation physique bat son plein. « On travaille comme si c'était un début de saison pour que Rio corresponde à ce qu'on a vécu à Dubaï et au Cap en termes de performance physique et de résultat », confirme Steeve Barry, non content de se focaliser sur les Jeux Olympiques. « Je pense qu'on n'a jamais été aussi bon que lorsqu'on se fixe un événement unique ; on n'est pas forcément très bons sur la longueur », sourit le Rochelais.

Le maître en matière de préparation physique, c'est Julien Robineau, celui qui donne le la, celui par qui la douleur arrive. « On s'est aperçu au premier cycle que la troisième semaine de développement commence à piquer. Et là, on est en plein dedans », confiait-il au moment de partir en Angleterre disputer deux tournois d'affilée. L'idée pour le staff était que cette préparation intensive pré-Jeux Olympiques, se rapproche dans les grandes lignes de ce qui avait été mis en place pour le début de saison des HSBC World Rugby Sevens Series et qui avait particulièrement bien réussi aux Tricolores.

« Au niveau de la dynamique des charges, de la gestion et de l'évolution des charges de travail, on voulait fonctionner de la même façon avec nos cycles de développement et d'affûtage », explique Robineau. « Mais sur les formes, c'est complètement différent car au début de saison, les garçons sortaient de six semaines de vacances, malgré la préparation en août où ils travaillaient en autonomie ; ils restaient six semaines sans entraînement collectif. Là, ce n'est pas le cas. Ils sont restés deux, voire trois semaines sans entraînement collectif en sortant d'une saison plutôt complète. Il a fallu régénérer, récupérer et lorsqu'ils sont revenus au début de la préparation physique terminale pour mener à l'objectif Rio, ils avaient un état de forme très bon. Ils n'étaient pas désentraînés. »

« Ils nous disent qu'on est en pleine préparation physique, mais comme on vient de terminer une grosse saison, c'est plus de l'entretien », renchérit Jérémy Aicardi. « C'est plus dur vu que le prochain tournoi est dans longtemps. Mais petit à petit on monte en intensité physique. » Pour gagner sa place dans le groupe, le tournoi d'Exeter sera déterminant. Une occasion en or à ne pas manquer et de laquelle chacun attend beaucoup.