Il a travaillé dur pour en arriver là et ne veut pas laisser passer sa chance. Arrivé dans le 7 depuis trois années – premier tournoi sur la Gold Coast en 2013 – Jérémy Aicardi, formé à Saint-Nazaire, compte à ce jour 16 tournois. Lors de la saison 2015-2016, il est le 6e joueur de l'effectif tricolore à avoir le plus disputé de matches, soit 43 ; six de moins que Julien Candelon et autant que Damien Cler.

« Au début de la saison je ne jouais pas beaucoup », confie-t-il à World Rugby. « J'ai mieux vécu la fin de saison car j'ai eu beaucoup de temps de jeu. Quand tu joues beaucoup, t'es content. La confiance, il faut l'avoir toute l'année. »

C'est sur la tournée asiatique qu'Aicardi a littéralement explosé. Premier choix du staff du fait des absences de ses coéquipiers, il n'a plus joué les seconds couteaux, mais les premiers rôles, débutant chaque match des tournois de Hong Kong et de Singapour. A Paris, seule une forte béquille canadienne l'a forcé au repos pour le reste des matches de poule. Mais dès le lendemain et le week-end suivant, il gambadait à Londres, voulant prouver au staff que l'on pouvait compter sur lui.

Prudence

Néanmoins, il sait que le chemin est encore long pour aller à Rio, même s'il ne reste plus que quelques jours à patienter avant l'annonce des nominés qui sera faite le lundi 11 juillet. « Les Jeux, c'est proche, mais c'est loin. Avant tu as le tournoi européen (à Exeter, le week-end des 9 et 10 juillet, ndlr). Je fais partie des mecs qui ont envie d'aller aux Jeux et qui doivent faire un bon tournoi européen », dit-il, plus que jamais conscient de son statut.

Alors Jérémy se donne à fond depuis la reprise des entraînements deux semaines après la fin du tournoi de Londres. « Tu essaies d'être professionnel encore plus que d'habitude, en dehors et sur le terrain. Il faut que tu continues à faire des bons entraînements. Après il faudra être bon contre la Grande Bretagne et le tournoi européen. Ca fait déjà un mois qu'on a joué, c'est long. Autant quand tu sors de la compét, des fois t'es tellement cuit que tu n'as pas envie de rejouer tout de suite ; autant là j'avoue que ça manque », sourit-il.

"Si je suis là-bas, on pourra dire on est dans la famille olympique. Tant que je ne suis pas dans la liste... "

Jérémy Aicardi

Sur son profil twitter, il a mis en photo un Christ Rédempteur comme translucide, surplombant la ville de Rio. Comme une prière à figurer sur la liste. Mais il sait qu'il faudra qu'il gagne sa place dans l'équipe comme d'autres la gagnent pour aller au paradis : à force de conviction, de force et d'acharnement. « Si je suis là-bas, on pourra dire on est dans la famille olympique. Tant que je ne suis pas dans la liste... Si t'es 14e ça ne sert à rien. Certes tu es dans le groupe, mais pourquoi ? », se dit-il.