C'était le 22 mai 2016. L'équipe de France de rugby à 7 s'inclinait 5-31 face à l'Argentine en demi-finale de Plate du London Sevens. Dernier match, on remballe. C'était alors la fin d'une saison extrêmement longue et les Français pouvaient partir en vacances. « Cette saison a été très dure physiquement, moralement car on a bien démarré, mais derrière on a eu des blessés et au lieu de profiter de ce bon départ de saison, on a un peu piétiné, on est passé par tous les états », analyse Julien Candelon, un des vétérans de la bande.

« En plus de ça, le format de la saison a changé puisqu'on est passé de 9 tournois joués sur 7 mois à 10 tournois joués sur 5 mois. Ca a été quelque chose d'assez éprouvant de jouer deux tournois, rentrer, repartir... C'était compliqué à gérer pour une première, mais ça s'est bien fini sur les deux dernières étapes avec une troisième place à Paris et une septième à Londres. »

Un tour chez les Anglais

Après un stage de préparation en Corse, les Bleus sont revenus à Marcoussis avant de repartir quelques jours en Angleterre pour se dégourdir les jambes en ce début juillet. De quoi réjouir Jérémy Aicardi qui ne se sent jamais aussi bien que lorsqu'il a un ballon entre les mains. « Partir en Corse nous a fait du bien à la tête, notamment de partir de Marcoussis. On est allé chercher un peu de soleil », dit-il en souriant. « On n'a pas eu deux heures devant nous pour nous poser. Quand c'est les stages, c'est un peu comme quand tu es en tournée : le soir tu ne rentres pas chez toi, tu ne penses pas à te faire à manger, à remplir tes papiers... Tu sais que pendant une semaine tu donnes tout pour le stage. A Marcoussis, c'est pas pareil. »

Quitter le train-train parisien et retrouver un peu d'intensité, c'est le projet du coach Fred Pomarel depuis le début de la préparation en vue des Jeux Olympiques de Rio. « On a prévu un petit séjour chez les Anglais. On va les matcher chez eux dans un petit tournoi qu'ils organisent », confiait-il dès la fin de la saison.

Candelon, plus en forme que jamais

C'est là que Julien Candelon fêtera ses... 36 ans, le 8 juillet. « J'essaie de faire plus attention aujourd'hui qu'hier mais moins que demain », rigole-t-il. « C'est vrai qu'on récupère peut-être moins bien, mais je ne sens pas le poids des années. Je ne suis pas dans la peau d'un mec qui va tirer ses dernières cartouches car il va entrer dans une pré-retraite. »

"Je ne suis pas dans la peau d'un mec qui va tirer ses dernières cartouches car il va entrer dans une pré-retraite."

Julien Candelon

A en croire le préparateur physique Julien Robineau, tous les membres du groupe France sont dans une forme... olympique. L'expression est certes facile en fonction du contexte, mais tout a été pensé dès le début pour y parvenir. « Au début d'année, on avait vu que faire des cycles de développement de trois semaines et d'alléger après procurait de bons résultats. Là, on a décidé de reproduire la même chose, mais à partir d'efforts différents », détaille Julien Robineau.

Après trois semaines de préparation intense au centre national du rugby (CNR) à Marcoussis, les Bleus ont relâché un peu, privilégiant un « mini affûtage » cette semaine avant de partir en Angleterre. « On a envie qu'ils soient un minimum reposés. Même s'ils n'auront pas un état de forme rayonnant, on veut éviter le plus possible de les mettre en danger. Ce sera un peu comme une semaine de préparation à la compétition », prévient Robineau. « Ca matche le samedi et le week-end d'après on aura le tournoi d'Exeter. La semaine entre les deux, on va privilégier la récupération, la régénération... » Et le bon air britannique.