A seulement 25 ans, on peut dire que Jean-Pascal Barraque a la bougeotte. Aussi à l'aise à l'ouverture, qu'au centre ou à l'arrière, Barraque a déjà écumé bon nombre de clubs : Stade Toulousain, Tarbes Rugby Pyrennées, Biarritz Olympique et Stade Rochelais. Aujourd'hui, il est à la veille d'un nouveau défi dans sa jeune carrière : s'engager dans l'équipe de France de Rugby à 7 dès la saison prochaine.

« J'arrête de XV et je me consacre au 7 », annonce-t-il à World Rugby. Avant de disputer les World Series à partir du mois de décembre 2016, il espère bien intégrer l'équipe de France olympique pour les Jeux de Rio. « Le fait que je signe à 7 fait que je n'ai pas très envie de rater cette opportunité, », avoue l'ancien sociétaire du Stade Rochelais qui s'apprête à changer le cours de sa vie.

« C'est un autre style de vie où il faut vivre sur Paris. J'en ai discuté avec ma copine. J'ai envie de tenter l'expérience, j'ai 25 ans. Si je ne le fais pas maintenant, je ne pourrais jamais le faire. C'est maintenant ou jamais. A moi de gazer pour vivre le plus l'évènement possible. »

Déjà une brève expérience il y a 5 ans

Depuis plusieurs années, sa vitesse et sa lecture du jeu sur les terrains du Top 14 n'ont pas laissé insensible. D'autant que le 7, il y est tombé il y a quelques années et qu'il y est revenu au tournoi de Londres en mai dernier. « J'avais déjà fait un tournoi il y a cinq ans », raconte-t-il. « Le 7 est une forme de jeu que j'apprécie beaucoup. J'ai un peu jaugé mon entourage. Le tournoi de Londres me l'a confirmé ; j'ai eu de bonnes sensations. Je me suis dit qu'avec un peu de rigueur, en faisant du 7 régulièrement, je pourrais être encore meilleur. J'ai envie d'être un des meilleurs. »

Après une très brève première expérience il y a cinq ans, Barraque a donc été appelé dans le groupe élargi pour la fin de saison du HSBC World Rugby Sevens Series. « Jean-Claude (Skrela, le manager, ndlr) m'avait demandé de venir quand j'étais à Toulouse, mais le club ne voulait pas trop que j'y aille. Il m'a redemandé cette année et c'était compliqué aussi, mais Collazo (entraîneur du Stade Rochelais, ndlr) a joué le jeu à la fin et m'a laissé partir sur Paris et Londres. Cette qualification aux JO donnait très envie de participer », confie Barraque.

Deux essais à Londres

Au Paris Sevens, il est resté en tribunes pour regarder l'équipe-type remporter la troisième place du tournoi, synonyme d'une médaille de bronze aux prochains Jeux Olympiques : l'objectif minimum de ce groupe France.

C'est au tournoi de Londres, dernière étape de la saison, que Barraque a eu l'opportunité de chausser les crampons et de montrer de quoi il était capable. Sur cinq matches disputés (autant que Fulgence Ouedraogo dans la saison), il a marqué 10 points (autant que la jolie découverte Théo Millet ou que Sofiane Guitoune cette saison) et a aplati à deux reprises (contre le Portugal et le seul essai du dernier match contre l'Argentine). Parmi les autres stats, on note quatre percées et quatre placages décisifs.

« On a fait de bons matches de poule à Londres et ça nous a mis en confiance. Comme on remplaçait, il fallait que l'on fasse au moins aussi bien, voire qu'on soit meilleur », dit-il. Jean-Pascal le sait éperdument, « j'aurais toujours des choses à prouver ».

Dans les prochaines semaines, il devrait participer à quelques tournois en Angleterre pour lui donner encore un peu de temps de jeu. En attendant le 11 juillet lorsque l'entraîneur Frédéric Pomarel dévoilera les noms des joueurs qui vivront l'aventure olympique.