Cela peut sembler surprenant pour les fans qui l'ont vu exceller pour Bath et l'Angleterre sur le format à XV, mais Ruaridh McConnochie n'a jamais été aligné à l'aile lorsqu'il jouait en rugby à 7.

McConnochie s'est avéré être très polyvalent pour l'Angleterre et la Grande-Bretagne dans le format court du rugby, jouant avant, arrière et étant un vrai meneur de jeu lorsqu'on le croisait régulièrement sur le HSBC World Rugby Sevens Series ou au moment des Jeux Olympiques de Rio en 2016.

Mais, selon ses propres dires, il y a une raison toute simple qui explique pourquoi on ne l'a pas vu à l'aile en Sevens : il n'était pas assez rapide.

« Je ne pense pas que je pouvais jouer à l'aile », confie Ruaridh McConnochie à World Rugby. « La vitesse à laquelle vont certains ailiers du 7 est complètement folle. Je peux m'en tirer sur le XV, mais quand vous êtes face à certains ailiers qui piquent un cent mètres en 10,1 (secondes) ou 10,2, c'est quasi impossible à rattraper quand vous êtes sur un terrain aussi grand. »

Une fatigue intense

Heureusement pour Ruaridh McConnochie, il n'a plus à se soucier de poursuivre Carlin Isles, ni même Trae Williams qui a commencé sur le circuit mondial alors que Ruaridh basculait à XV.

Mais l'ailier de Bath conserve néanmoins une grande admiration pour les exploits accomplis à sept, compte tenu des niveaux de condition physique nécessaires pour exceller sur un terrain de taille normale où n'évoluent que 14 joueurs.

« C'est assez facile de regarder le match et de voir des gens se passer le ballon, donner des coups de pied, échapper à d'autres joueurs. C'est ce que requiert le rugby, mais c'est tellement fatiguant », reconnaît McConnochie. « Honnêtement, sur la plupart des matches, dès la première minute, vous reprenez votre respiration et ensuite vous vous rendez compte que c'est loin d'être fini.

« Il faut voir ce que font ces joueurs ! Certains des meilleurs prennent plaisir à battre les défenseurs ou taper un ballon en touche. Mais c'est tellement fatiguant, c'est incroyable. Et je pense qu'on ne s'en rend pas compte quand on le voit à la TV ou quand on est dans le public. »

Ruaridh McConnachie a commencé à jouer au rugby chez les minimes au London Scottish et a progressé jusqu'à la troisième division du rugby anglais, jouant une saison pour le Hartpury College en National League 1, avant de rejoindre la formation à sept.

C'est en 2018 qu'il a fait ses premiers pas à XV et qu'il a du revoir complètement son jeu pour mieux se fondre dans ce nouveau format.

« A Bath ils ont vraiment été très patients avec moi ; ils ne m'ont pas trop mis la pression » explique Ruaridh McConnochie. « Au lieu de m'imposer un rythme, ils m'ont conseillé de prendre mon temps et de me réhabituer au XV, d'adapter mon jeu, d'emmagasiner un maximum d'informations, alors qu'au 7 on joue en fonction de ce qu'on voit. »

Ce qui a le plus changé dans son jeu ? Le jeu au pied. « Je n'avais pas donné de coups de pied depuis trois ans, évidemment vous ne jouez pas beaucoup au pied à sept ! », sourit-il. « Je suis reparti de zéro, donc ça a été un peu compliqué. Un autre truc, c'est travailler les ballons hauts.

« J'avoue que je pensais que ce serait facile car au 7 on travaille beaucoup le jeu aérien. Mais à chaque fois c'est attraper un ballon sur une action ou sur un coup d'envoi. Au XV j'ai dû adapter ma course, réajuster mon timing pour que je puisse rattraper tous les ballons de l'ouvreur d'en face. J'ai dû beaucoup travailler là-dessus. »

La nécessaire expérience de tribunes bondées

Ruaridh McConnochie a rendu à Bath toute la confiance que le club avait placé en lui en prenant assez vite ses marques dans ce nouvel environnement. Si bien qu'il a même gagné sa place dans le squad anglais à la fin de sa première saison.

Une blessure a décalé ses débuts en test, mais après avoir joué contre l'Italie à St James’ Park, il a été sélectionné par Eddie Jones pour la Coupe du Monde de Rugby 2019, où il a fait une apparition contre les États-Unis.

McConnochie ne s'attendait pas à progresser aussi rapidement après son passage du sept, mais il pense que ce qu'il a vécu dans le format court du rugby l'a aidé dans son développement.

« De toute évidence, dans le Sevens, tout le monde dans l'équipe doit être présent pour gagner ses duels et je pense que ça m'a beaucoup aidé pour avancer, avoir cette confiance pour vite monter, marquer, battre des défenseurs », explique-t-il.

« Le plus important aussi a probablement été de savoir déjà ce que c'est de jouer pour l'Angleterre au niveau international, contre d'autres nations, dans des stades qui comptent 50 000 à 60 000 supporters. Je savais que je pouvais jouer dans ces environnements, sous cette pression. Quand on arrive dans le Premiership, beaucoup de jeunes qui sont passés par les académies et les écoles n'ont probablement jamais connu ces ambiances au moment d'avoir leur première sélection.

« Je pense que c'est pourquoi j'aime l'idée du sept et comment il faudrait l'utiliser pour les jeunes joueurs qui arrivent, si les clubs leur permettaient encore plus de jouer pour leurs équipes nationales. Je pense qu'il n'y a pas mieux comme apprentissage.

« Parce que jusqu'à ce que vous soyez au niveau international, à quel moment avez-vous la possibilité de jouer devant des publics de 50 000 à 60 000 supporters ? Vous n'avez pas ça dans le Premiership. A tout casser vous avez 20 000 ou 30 000, à moins que vous ne jouiez à Twickenham. Donc, je pense que ça m'a énormément aidé, et au moment de rentrer dans ces chaudrons, vous n'y pensez plus. »

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