Lenaïg Corson participe à partir de ce 17 août au deuxième stage d'été du XV de France Féminin. A plus d'un an de la Coupe du Monde de Rugby en Nouvelle-Zélande (du 18 septembre au 16 octobre), le staff veut gonfler son effectif et le remettre à niveau après sa pause forcée pendant cinq mois.

A l'instar de Julie Annery et de Marjorie Mayans qui ont choisi de se consacrer exclusivement au XV, Lena Corson a également fait, dès le mois de janvier 2020, le deuil d'une participation à 7 cette année et donc d'une éventuelle sélection en vue des Jeux olympiques de Tokyo fin juillet 2021.

« Trop compliqué de jouer sur les deux tableaux ; ce sont des rythmes intenses », admet-elle. « Les objectifs changent mais pas la détermination », a-t-elle écrit dans un message publié sur les réseaux sociaux, en forme d'hommage aux six années passées au Sevens.

« Ça n'a pas été facile avec toi, ça a été d'ailleurs plus souvent dur que facile, tu m'as repoussé dans mes retranchements en permanence, tu m'as fait douter, beaucoup douter (…). Six ans à courir sans relâche, des journées à ne plus compter (…). Ça a été dur, très dur, mais je n'ai jamais lâché, j'ai toujours cru que j'y arriverai. Plus c'était dur et plus au final j'aimais ça. »

Comment Romane a accroché au Sevens

A l'inverse, la troisième-ligne Romane Ménager, si brillante au XV, a décidé de ne pas enchaîner une deuxième Coupe du Monde de Rugby après celle de 2017 en Irlande après laquelle elle avait été nommée (avec Safi N'Diaye) pour le Prix de la Joueuse World Rugby de l'Année. Auteure de quatre essais et pierre angulaire de la médaille de bronze, elle était, à 21 ans, promise à un autre podium quatre ans plus tard.

Absente de la fin du Tournoi 2020 à partir du match contre le Pays de Galles, la Montpelliéraine compte 35 sélections depuis ses débuts à XV en novembre 2015. « Romane est une excellente joueuse, elle a fait ses preuves à XV, elle est déjà venue avec nous et elle possède les qualités pour réussir », témoigne David Courteix, le coach de France 7 qui l'accueille dans son projet.

Romane n'a pourtant pas encore disputé de tournoi sur le circuit mondial, mais a participé à un stage de trois semaines avant le confinement. « J’avais accroché et le confinement m’a permis de me poser et de réfléchir et je me suis dit que ça serait une belle aventure », a-t-elle déclaré sur le site de France Rugby. « Je vais évoluer du point physique et du point de vue technique aussi cela va énormément m’apporter, tout sera bénéfique ! »

En revanche, Marine, sa sœur jumelle, qui s'était investie à 7, figure dans le groupe du XV de France féminin.

Des joueuses interchangeables

« Cela vient d’échanges que l’on a eu avant le début du confinement », confie Annick Hayraud, manager du XV de France féminin. « Romane a un potentiel hyper intéressant pour jouer à 7. Bien évidemment, elle reste sur nos tablettes à XV. On ne compte pas s’en séparer. Elle a une carte à jouer sur cette discipline donc c’est bien de lui donner sa chance. Et puis ça va en plus la rendre encore plus performante. »

Pour le staff des deux équipes nationales, l'enjeu est très clair : mettre toutes les chances de leur côté pour d'abord décrocher une médaille aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021, puis de rentrer de Nouvelle-Zélande avec la Coupe du Monde de Rugby dans les bagages fin octobre 2021.

« À terme, l’objectif est d’avoir un groupe de haut niveau et de voir les filles passées selon les échéances et les profils du 7 au XV et inversement. Nous avançons dans ce domaine », assure David Courteix. « Après, cela reste un challenge puisque ce sont deux disciplines semblables mais avec des différences mais les philosophies de jeu suivent le même credo. Cet ensemble nous met à l’épreuve en permanence et le fait que des filles puissent ambitionner de faire les compétitions à XV comme à 7 est un signe que nous bossons de mieux en mieux ensemble. »

Photo : Isabelle Picarel | France Rugby

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