Même si elle a passé la majeure partie de sa vie de sportive dans les piscines, la Néo-Zélandaise Katie Sadleir assure que le rugby a toujours été dans son champ de vision. « C'est sûr que quiconque vit en Nouvelle-Zélande a une affinité pour le rugby », sourit-elle.

Championne en natation synchronisée, Katie a représenté la Nouvelle-Zélande aux JO de 1984 à Los Angeles et a été médaillée de bronze aux Jeux du Commonwealth en 1986 à Édimbourg. Même si elle n'a jamais joué au rugby quand elle était jeune, elle met en parallèle sa pratique du water-polo. « C'était un peu mon rugby aquatique », confie-t-elle.

Retirée des bassins, elle a entamé une carrière dans le management sportif de haute performance qu'elle a suivi pendant un quart de siècle en Nouvelle-Zélande. C'est alors qu'elle s'est rapprochée de World Rugby pour devenir, en janvier 2017, directrice générale en charge du rugby féminin.

« Je cherchais quelque chose qui avait trait au rugby et j'ai vu tout ce qui avait été fait autour des Jeux olympiques. C'est à ce moment-là que je me suis dit que je voulais faire partie de cette histoire. J'ai envoyé ma candidature et me voilà. C'est un job de rêve. Lorsque les gens me demandent ce que je fais, je ne peux pas m'empêcher de sourire », dit-elle.

De 0 à 17 femmes au Conseil de World Rugby

L'un des objectifs de Katie Sadleir lorsqu'elle a accepté le poste a été de développer le rugby féminin, que ce soit auprès des gens comme dans l'organisation mondiale.

« La première chose que j'ai faite, ça a été de travailler de façon très étroite avec les dirigeants de World Rugby pour leur dire qu'on n'allait pas développer une unité sportive féminine. Le développement du rugby féminin, c'est un travail d'équipe, ce n'est pas le fait d'un groupe de personnes, même si ça peut en surprendre plus d'un. Mais comme nous sommes une fédération internationale, nous devons travailler ensemble pour changer et transformer les choses.

« Au début, aucune femme ne siégeait au Conseil de World Rugby. Il y avait trente hommes alors. Et aujourd'hui, nous avons 17 femmes, nous sommes représentées. Dès lors, beaucoup de choses ont commencé à évoluer », explique Katie Sadleir.

La poussée des Inarrêtables

L'une des plus belles réalisations de Katie à ce jour, c'est la campagne « Try and Stop Us » - « Essayer de nous arrêter » - destinée à faire grandir la participation dans le monde entier et à attirer de nouveaux fans, de nouveaux publics, de nouveaux investisseurs et de nouvelles joueuses dans le rugby féminin.

Cette campagne se base sur le partage d'expérience de 15 ambassadrices, toutes pratiquant le rugby à tous les niveaux, qui ont une histoire forte à raconter avec leur sport passion. C'est en ce sens qu'elles sont considérées comme « Inarrêtables ».

« Ça a été une très belle campagne », admet Katie. « On a eu presque neuf millions de personnes qui ont regardé et partagé la vidéo de Sweta (Shahi, joueuse de rugby à 7 de l'Inde, ndlr) dans les trois premiers mois.

« Le travail que l'Inde fournit en terme de rugby féminin en Asie est incroyable. Je crois que près de 45% de leurs licenciés sont des femmes ! En Iran, ils sont passés de 3 500 à 10 000 joueuses de rugby. Le rugby féminin, de même que les femmes dans le rugby, est en pleine éclosion. »

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