Déjà 707 joueurs issus des U20 ont été sélectionnés au niveau international. A partir de ce réservoir exceptionnel, le commentateur de World Rugby Simon Ward a eu la tâche difficile de concocter son équipe-type.

Il est la voix du championnat pour l'avoir commenté au cours de cinq des six dernières éditions. C'est donc vers lui que l'on s'est tourné pour avoir son avis. Sa liste au départ était encore plus longue, mais il a été obligé de rayer quelques noms. Sa sélection finale reflète l'évolution du rugby et illustre les standards du jeu d'aujourd'hui.

Résistant à la tentation de retenir des choix évidents comme la charnière de l'Angleterre, Ben Youngs et Owen Farrell, ou bien le pilier Mako Vunipola, Simon Ward a également basé ses critères de sélection sur les joueurs qui l'ont personnellement enthousiasmé alors qu'il était derrière le micro.

Un peu comme les Barbarians, Simon a reçu une dispense spéciale pour inclure deux joueurs encore non capés dans son XV en optant pour le duo de la Nouvelle-Zélande Tevita Li et Asafo Aumua, qui semblent tous deux destinés à de grandes choses dans un avenir pas trop lointain.

Brodie Retallick, de la génération exceptionnelle de 2011, est le joueur le plus capé avec 81 sélections, tandis que son compatriote All Black Aaron Cruden est le seul autre atteignant les 50 sélections à passer le cut de sa sélection.

La Nouvelle-Zélande, vainqueur à six reprises et la France, double championne du monde en titre, sont les deux nations comptant le plus de représentants avec quatre joueurs chacune.

  • Arrières

15 – Bautista Delguy, Argentine (2016-2017), 14 sélections

Un coureur parfaitement équilibré, il me rappelle un joueur comme Richard Haughton (ancien ailier de l'Angleterre à 7) par la manière dont il glisse sans effort sur le sol. Will Jordan et Cai Evans m'ont également tapé dans l’œil et je ne serais pas surpris si ils gagnent leur première sélection bientôt.

14 – Tevita Li, Nouvelle-Zélande (2014-2015), 0 sélection

Je sais qu'il n'a pas encore franchi le pas, mais quand quelqu'un marque un record de 13 essais sur deux tournois (2014-15), il est difficile de l'ignorer. C'est un ailier complet qui m'a rappelé Rupeni Caucaunibuca par sa puissance et son équilibre.

13 – Joe Marchant, Angleterre (2016), 3 sélections

Il a donné à l'Angleterre une longueur d'avance tout au long de sa campagne triomphale en 2016. L'un des deux essais qu'il a marqués en finale au AJ Bell Stadium restent vraiment dans la mémoire. Jan Serfontein, le prototype du centre sud-africain, aurait également pu être sélectionné.

12 – Romain Ntamack, France (2017-2018), 16 sélections

Il a été un rouage important pour l'obtention du premier titre de la France alors qu'ils subissaient une pression maximale chez eux. Il déborde de classe, comme on peut s'y attendre de la part du fils de l'ancienne légende des Bleus Émile Ntamack. J'opte pour lui en 12 parce qu'il est aussi à l'aise à ce poste qu'à l'ouverture.

11 – Damian Penaud, France (2015-2016), 17 sélections

Un autre joueur qui porte en lui de solides gènes de rugby et qui, en dépit de jouer au centre avec les U20, est devenu un ailier de classe mondiale. Il connaît son chemin vers la ligne d'en-but, il a porté fièrement son nom de famille à un nouveau niveau et il continuera de le faire à l'avenir.

10 – Aaron Cruden, Nouvelle-Zélande (2009), 50 sélections

J'ai l'embarras du choix ici car j'aurais facilement pu opter pour Handre Pollard ou George Ford, mais je vais revenir en arrière en 2009 et opter pour Aaron Cruden, qui a été nommé Joueur U20 de l'Année cette année-là. Il avait tout : les skills du foot et du basket et un côté gestionnaire.

 

9 – Gela Aprasidze, Géorgie (2016-2018), 25 sélections

À une époque où l'on croyait à tort que tous les Géorgiens, de pilier à arrière, avaient tous joué pilier, il a montré qu'il était bien plus que ça. Il a montré qu'on pourrait compter sur lui à l'avenir après un essai exceptionnel contre l'Irlande lors de l'édition en Géorgie ; et j'ai eu la chance de le voir. Arthur Coville, le capitaine de l'équipe de France championne du monde en 2018, aurait pu être choisi, mais il n'est pas encore capé.

Avants

1 – Rhys Carre, Pays de Galles (2017-2018), 8 sélections

Il a une puissance énorme, mais il peut également courir ballon en main comme le font les jeunes piliers d'aujourd'hui. Il a été impressionnant dans les deux tournois auxquels il a participé et a gagné sa place au sein des Saracens à la suite de ses performances en Géorgie et en France, même plusieurs sélections nationales.

2 – Asafo Aumua, Nouvelle-Zélande (2017), 0 sélection

Encore une fois, je vais devoir contourner les règles d'éligibilité. Bien qu'il ne soit pas encore capé, Aumua a joué pour les All Blacks contre les Barbarians en 2017 et je suis convaincu qu'il aura une longue carrière internationale. Il a été brillant en Géorgie. On l'a vu courir le long de la ligne contre la France en demi-finale et on s'est tous demandé qui était cet ailier, avant qu'on se rende compte qu'il était en fait talonneur. Et il a marqué un triplé contre l'Angleterre en finale.

3 – Demba Bamba, France (2018), 11 sélections

Tout comme Rhys Carre, il a une puissance énorme et une rapidité de jeu étonnante pour un gaillard de sa corpulence. Devant son public, notamment en demi-finale à Perpignan face à la Nouvelle-Zélande, il s'est révélé indispensable, comme il l'a fait ensuite en finale.

4 – Maro Itoje, Angleterre (2014), 41 sélections (dont trois avec les British & Irish Lions)

Dès son plus jeune âge, il a apporté quelque chose de différent au jeu de la deuxième-ligne, non seulement par son côté athlétique, mais aussi par sa capacité à gratter le ballon grâce à ses bras de poulpe. Extrêmement concentré.

5 – Brodie Retallick, Nouvelle-Zélande (2011), 81 sélections

Un membre essentiel de l'équipe néo-zélandaise des U20 en 2011, il est largement considéré comme le meilleur deuxième-ligne que le pays ait jamais connu à ce niveau. Les All Blacks l'ont accueilli l'année suivante et, deux ans plus tard, il a été nommé Joueur World Rugby de l'Année. Tout est dit.

6 – Marcos Kremer, Argentine (2016-2017), 28 sélections

Un vrai homme des montagnes, un rock qui peut aussi bien jouer en deuxième-ligne qu'à l'arrière. Il a été immense lors des deux éditions auxquelles il a participé, redonnant à son équipe un coup de pouce chaque fois qu'il avait le ballon. Même en tant que joueur des moins de 20 ans, il avait l'air d'avoir déjà disputé des tests depuis des années. Et il n'a pas changé, toujours la même classe, depuis qu'il joue avec los Pumas.

7 – Cameron Woki, France (2017-2018), 2 sélections

Si jamais il y avait un moment ennuyeux dans le tournoi qui s'est passé en France – et Dieu sait qu'il n'y en a pas eu beaucoup – Cameron Woki avait ce don d'enflammer le public en produisant un instant de pure magie. Son côté athlétique sous les ballons hauts est remarquable. Luke Braid et Ben Curry auraient pu figurer aussi à ce poste s'ils avaient été capés.

8 – Max Deegan, Irlande (2016), 1 sélection

Le rythme de travail phénoménal de Deegan a été l'une des principales raisons pour lesquelles l'Irlande s'est qualifiée pour la première et unique fois en finale du Championnat du Monde des Moins de 20 ans en 2016. Ce n'est pas le genre de joueurs que l'on remarque au premier abord, mais il a marqué trois essais importants en cinq matches à Manchester, dont un contre la Nouvelle-Zélande. Il ne fait aucun doute qu'il sera un grand international irlandais pendant de nombreuses années. Jordan Joseph et Juarno Augustus sont les seuls à manquer, mais ce sont des joueurs rockstar de rugby qui, sans aucun doute, honoreront la scène internationale.